Beck Serge · Nationalrat · 2003-10-02
Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2003-10-02
Wortprotokoll
La protection de l'environnement est incontestablement une nécessité, mais c'est un domaine qui donne lieu à beaucoup de démagogie. Quel environnement voulons-nous protéger? Celui qui existe? Celui que certains aimeraient créer? Celui que d'autres aimeraient retrouver comme il était il y a quelques années, quelques dizaines d'années, voire un siècle ou un millénaire? Je crois que nous avons des débats très souvent dogmatiques, revenons sur terre.
Le développement durable est un passage incontournable pour l'avenir de notre société. Les milieux bourgeois, n'en déplaise à Mmes Teuscher et Wyss, le savent aussi et ils ont contribué à mettre en place des mesures comme la loi sur le CO2 ou une multitude d'autres mesures. Les roses-verts n'ont pas le monopole de la vision durable. J'en veux pour preuve, alors que les roses-verts ne sont pas en majorité dans ce pays, que l'on consacre chaque année - et vous le savez très bien, Mesdames et Messieurs les préopinants - plus de 3,5 milliards de francs à la protection de l'environnement, l'élimination des déchets, la protection des eaux et de multiples autres mesures dans le domaine de la protection de l'environnement, ceci sans compter la prestation générale que fournit l'agriculture.
L'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage fait du travail positif dans un certain nombre de domaines, mais dans d'autres il connaît aussi des excès. Il y a des [PAGE 1671] projets coûteux qui n'apportent rien dans le sens du développement durable, qui sont des projets de luxe. Et quand je pense luxe, je pense "Luchs": ce sont les projets de réintroduction du loup et du lynx. Mesdames et Messieurs, qu'est-ce que de tels projets ont à voir avec le développement durable? Réponse: rien du tout! Le développement durable, ça n'est pas le retour en arrière; ça n'est pas la reconstitution de ce que l'évolution de l'espèce humaine et l'évolution du milieu naturel aussi, même sans intervention de l'espèce humaine, a modifié au cours des siècles et des millénaires.
Madame Wyss, vous avez parlé des décisions légales et de la volonté de la droite de les vider de leur substance. Mais vous savez très bien aussi qu'au-delà de la loi, le diable se cache dans le détail; et le détail, ce sont les ordonnances - on le voit dans le milieu agricole, d'ailleurs -, ce sont aussi les mesures d'application qui sont mises en place par les différents offices de la Confédération. Dans le domaine de l'environnement comme dans les autres domaines de l'activité de l'Etat, il est donc nécessaire de faire des choix de priorité, d'abandonner la doctrine pour la pratique, pour l'équilibre, pour une analyse et une vision qui englobent les différents intérêts.
Rappelez-vous, M. Weyeneth y a fait allusion tout à l'heure, que la nouvelle ampleur de l'OFEFP a été construite sur l'escroquerie de la mort des forêts; il s'agit de s'en souvenir aussi. C'est après cela qu'il y a eu réorganisation, qu'il y a eu absorption de l'Office fédéral des forêts et de la protection du paysage par l'Office fédéral de la protection de l'environnement et fusion de ces différents domaines de l'activité de l'Etat.
Alors, je crois que, dans ce domaine comme dans d'autres, nous devons exercer une pression financière, nous devons revenir à des solutions qui doivent rester pragmatiques et qui doivent être financièrement supportables pour le contribuable.
Le développement durable est aussi et d'abord une question d'équilibre entre les intérêts.