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preparatory:AB 374204

Porchet Léonore · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2026-04-29

Wortprotokoll

Cette motion pose une question essentielle[NB]: protège-t-on réellement la santé des femmes enceintes et celle de leur enfant à naître[NB]? Face aux données à disposition, nous sommes forcés de reconnaître que non. Une grossesse, il faut le rappeler, n'est pas un état abstrait. C'est un corps qui change, bien sûr, c'est une énergie redirigée vers la création d'un être humain, même petit, dans son corps, c'est de la fatigue, des douleurs. Cet état a souvent pour conséquence l'impossibilité de rester debout toute une journée, de porter des charges, de tenir des horaires réguliers. La loi prévoit que les postes soient adaptés, mais dans la réalité, que se passe-t-il[NB]? Une étude menée par la Haute École de Santé de l'État de Vaud et Unisanté dans plus de 200 entreprises est très claire[NB]: seules 12 pour cent des travailleuses enceintes dans le secteur de la santé et 2 pour cent dans l'industrie alimentaire bénéficient [PAGE 808] d'une protection conforme à la loi. Cela signifie que, dans l'immense majorité des cas, les mesures pourtant prévues par la loi - l'analyse des risques, l'adaptation du poste, la réaffectation - ne sont pas appliquées. Les conséquences sont bien réelles[NB]: le travail est impliqué dans environ 10 pour cent des pathologies de grossesse. On parle de fatigue extrême, de douleurs, de complications, parfois de prématurité. Les chiffres de l'étude vaudoise démontrent que, souvent, rien n'est mis en place. À l'approche du terme, les médecins n'ont plus d'autre choix que de mettre leurs patientes en arrêt de travail. Résultat[NB]: les femmes enceintes doivent interrompre leur[NB]activité[NB]professionnelle[NB]durant leur grossesse dans 80 pour cent des cas. Dans les deux semaines précédant l'accouchement, 70 pour cent des futures mères sont en congé maladie. Seule une femme sur six travaille jusqu'à l'accouchement.

Aujourd'hui, en Suisse, faute de véritable congé prénatal, la grossesse est traitée comme une maladie. Cela a deux conséquences majeures. D'abord, c'est un problème de santé publique. On intervient trop tard[NB]; au lieu de prévenir les risques en amont, on ajoute du stress à celui de préparer l'arrivée de l'enfant. Ensuite, c'est une problématique économique. Les absences sont financées soit directement par les employeurs, soit par le biais d'assurances que les employeurs financent en grande partie. Autrement dit, un événement normal et prévisible est traité comme un risque individuel. Cela pénalise particulièrement les PME et les secteurs fortement féminisés. Mais au lieu de corriger ce système, qu'a fait la majorité jusqu'à aujourd'hui[NB]? Elle a proposé, pas plus tard qu'en mars dernier, d'aller plus loin dans la mauvaise direction en affaiblissant le secret médical avec une motion sur les prétendus certificats dits de complaisance. Autrement dit, on ne protège pas, on soupçonne les femmes enceintes et leurs médecins. Nous pouvons pourtant faire autrement. Nous pouvons réellement protéger la santé des femmes et des enfants à naître. Nous pouvons prévenir plutôt que compenser. Nous pouvons répartir les coûts de manière plus juste entre les PME. Étant donné qu'une grossesse n'est ni une faute, ni un abus, ni une maladie, nous pouvons offrir de bonnes conditions pour le déroulement des grossesses, parce que c'est la responsabilité de l'ensemble de la société, car une société responsable protège celles et ceux qui la rendent possible.

Je vous invite donc à soutenir cette motion et, enfin, à commencer le travail en vue d'un congé prénatal.