Pahud Yvan · Nationalrat · 2026-06-09
Pahud Yvan · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-06-09
Wortprotokoll
Ce qui faisait la force de la Suisse hier, ce qui fait encore sa force aujourd'hui, c'est son mix énergétique. Un modèle fondé non seulement sur nos barrages, notre force hydraulique, le développement des énergies renouvelables, mais aussi sur l'énergie nucléaire, qui garantit une production stable, pilotable et disponible en toute saison. C'est cet équilibre qui a assuré pendant des décennies notre prospérité, notre compétitivité et notre sécurité d'approvisionnement.
Aujourd'hui, plus que jamais, nous constatons notre dépendance à l'électricité, et force est de constater que celui qui détient l'énergie détient désormais le pouvoir. La question qui nous est posée est simple[NB]: voulons-nous continuer à suivre le chemin emprunté par l'Allemagne ou voulons-nous garantir à la Suisse un avenir énergétique sûr, abordable et souverain[NB]? Par choix idéologique, l'Allemagne a fermé ses centrales nucléaires, pourtant capables de produire une électricité abondante et sans émissions de CO2. Le résultat est connu[NB]: des prix d'électricité parmi les plus élevés d'Europe, près de 40 pour cent de plus que la moyenne européenne[NB]; une industrie sous pression[NB]; des ménages pénalisés[NB]; la réouverture de centrales et de mines de charbon pour compenser l'absence d'une production pilotable et stable. Voilà la réalité. On a fermé des centrales nucléaires qui n'émettaient pas de CO2 pour ouvrir des mines de charbon. On a sacrifié la sécurité d'approvisionnement sans atteindre les objectifs promis. Sans compter que l'Allemagne a sacrifié ses paysages, la santé et la qualité de vie de ses citoyens avec des parcs éoliens industriels.
Cela me fait mal de le dire, mais à l'inverse, la France a fait un autre choix. Avec son parc nucléaire, elle dispose d'une électricité largement décarbonée, compétitive et produite sur son territoire. Les ménages français bénéficient de prix parmi les plus bas d'Europe, et le pays demeure l'un des leaders mondiaux de l'électricité bas carbone.
Je peux dire avec franchise que lorsque nous avons décidé de sortir du nucléaire, nous avons commis une erreur. J'ai moi-même soutenu cette décision à l'époque. Mais la responsabilité politique consiste aussi à reconnaître ses erreurs, lorsque les faits démontrent que les décisions étaient mauvaises. Aujourd'hui, nous avons l'occasion de corriger le tir. Soutenir le contre-projet du Conseil fédéral, c'est choisir le pragmatisme plutôt que l'idéologie. C'est garantir à la Suisse une énergie sûre, locale et abordable. C'est assurer notre indépendance énergétique plutôt que dépendre des importations d'électricité produite au charbon allemand ou au nucléaire français. Car aujourd'hui tout dépend de l'électricité[NB]: nos ménages, nos entreprises, nos infrastructures et notre prospérité. Préservons ce qui a fait le succès de notre pays, un mix énergétique équilibré, fondé sur l'hydraulique, le renouvelable et le nucléaire. Ne détruisons pas un modèle qui fonctionne, renforçons-le.
Pour la sécurité de notre pays, de notre économie et des générations futures, je vous invite à accepter le contre-projet du Conseil fédéral à l'initiative Stop au blackout.