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Piller Carrard Valérie · Nationalrat · 2026-06-11

Piller Carrard Valérie · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2026-06-11

Wortprotokoll

Le 3 mars 2024, le peuple et les cantons ont envoyé un signal clair[NB]: la précarité de nos aînés n'est pas une fatalité, c'est une urgence. En acceptant la 13e rente AVS, la population a choisi la dignité. Or, nous le savons toutes et tous dans cette salle, la 13e rente est une bouffée d'oxygène, pas un remède miracle contre la pauvreté structurelle. Aujourd'hui, le canton du Jura nous transmet une initiative pleine de bon sens, qui transcende les clivages politiques habituels et qui laisse la marge de manoeuvre nécessaire pour la recherche de solutions pragmatiques et efficaces.

Selon une étude de Pro Senectute, dans notre pays, 230[NB]000 retraités ont formellement droit aux prestations complémentaires, mais ne les touchent pas. Deux cent trente mille visages, ce ne sont pas des statistiques, ce sont des personnes à part entière. Pourquoi renoncent-elles[NB]? Par ignorance, par honte de demander ce qu'elles considèrent à tort comme de l'aide sociale ou parce qu'elles sont terrassées par le monstre bureaucratique que sont devenues nos démarches administratives. Force est de constater que, dans les mentalités, dès qu'on parle de prestations complémentaires, l'accusation d'abus plane toujours aux alentours. Pourtant, les prestations complémentaires ne sont pas une aumône[NB]; c'est, avec l'AVS, l'un des piliers de la prévoyance étatique et les personnes concernées y ont droit.

L'Office fédéral des assurances sociales nous a assuré, en séance de commission, que l'information concernant les prestations complémentaires parvenait à l'ensemble des retraités. Malheureusement, ce n'est que la moitié du chemin, puisque les personnes ayant reçu l'information doivent encore entreprendre les démarches administratives nécessaires, et que des questions de compréhension se posent souvent. L'initiative du canton du Jura a le mérite d'apporter du soutien aux retraités en situation difficile, en visant la garantie à un accès aisé, aspect central pour que les personnes saisissent leurs droits.

Nous entendons toute la difficulté de la mise en oeuvre d'une telle initiative si elle devait être appliquée de façon automatique. Plutôt que d'un automatisme d'octroi, il s'agirait d'un automatisme d'alerte, comme c'est déjà le cas dans certains cantons pour les subsides d'assurance-maladie, où l'administration fiscale informe les personnes qui se situent au-dessous d'une certaine tranche de revenus qu'elles y ont droit. Pourquoi ne pas accompagner les gens, les inciter à prendre contact, par exemple avec Pro Senectute, pour remplir les demandes d'aides de façon optimale[NB]? L'enquête de Pro Senectute le montre assez clairement également[NB]: quand un service social ou un établissement médicosocial apporte un soutien à une personne qui dépose une demande, cela fonctionne mieux que lorsqu'elle reçoit uniquement un simple courrier d'information.

Par conséquent, afin de faciliter l'accès aux prestations complémentaires des rentières et rentiers et de lutter contre la précarité à la retraite, ma minorité vous invite à donner suite à cette initiative.