Huguenin Marianne · Nationalrat · 2004-05-06
Huguenin Marianne · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos · 2004-05-06
Wortprotokoll
J'aimerais soutenir au nom du groupe "A gauche toute!" l'amendement de la minorité Vermot, introduisant à l'article 22 alinéa 2 l'obligation pour l'employeur de proposer des mesures d'intégration et de formation continue.
On constate en effet que certaines branches de notre industrie ont utilisé et usé des travailleurs, qu'elles sont à l'époque allées chercher à l'étranger, et qu'elles n'ont pas formés. Je pense par exemple à l'industrie textile. Ces entreprises sont allées chercher elles-mêmes les étrangers jusqu'en Espagne, jusqu'en Italie, jusqu'au Portugal, jusqu'en Turquie. Elles leur ont facilité les démarches pour venir en Suisse, pour obtenir des papiers, des autorisations, pour trouver des logements. Elles les ont fait travailler des années durant dans un contexte où il n'y avait souvent que des travailleurs étrangers, donc où l'apprentissage de la langue par exemple n'était pas facilité. Elles ont souvent proposé des salaires très bas, et au fond elles ont rejeté ces travailleurs sur le marché 20 à 30 ans plus tard, travailleurs dont on a à nouveau utilisé les bras et la force de travail. Finalement, on les a jetés comme des déchets sur le marché, à cause de ces entreprises qui délocalisent et vont profiter de conditions de travail plus favorables ailleurs, en Pologne ou en Chine et qui laissent finalement les frais de la formation de ces travailleurs à la charge de la collectivité. En effet, ces personnes se retrouvent par exemple au chômage et on doit constater effectivement 20 ou 30 ans après qu'elles n'ont pas eu de formation, pas même certaines fois d'apprentissage de la langue, par exemple pour des femmes qui devaient s'occuper de leur ménage en plus de leur travail.
Donc je crois que cet article permettrait à des entreprises qui ont fait cet effort de pouvoir bénéficier en contrepartie d'une aide pour donner des cours. Par exemple, on se rend compte que des cours de langue devraient être donnés sur le lieu de l'entreprise, pendant les heures de travail. Ce serait ainsi la meilleure façon pour que des travailleurs et des travailleuses puissent bénéficier de ces mesures d'intégration, et il devrait y avoir un partenariat avec une entreprise qui accepterait que le cours ait lieu pendant les heures de travail, et qui pourrait bénéficier aussi de mesures d'intégration pour payer des enseignants. Je crois qu'ainsi on rendrait beaucoup plus fortes et beaucoup plus effectives des mesures d'intégration utiles pour l'ensemble de la société.
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