Rossini Stéphane · Nationalrat · 2004-06-03
Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2004-06-03
Wortprotokoll
Au nom du groupe socialiste, je m'exprime sur l'objectif du programme de législature concernant la formation. Nous admettons, avec le Conseil fédéral, qu'il est parfaitement justifié de postuler la formation comme un élément essentiel de notre société et, par ailleurs, comme un élément important de la croissance économique. Cependant, cela ne saurait suffire, car la formation est une composante essentielle de l'ensemble du fonctionnement de notre société. Il en va bien évidemment de l'acquisition des savoirs, au niveau général pour la population, au niveau particulier pour les individus; du développement et des progrès de notre société, cela au service non seulement de l'économie, mais d'une prospérité que nous voulons partagée, avec toute la population; des relations interculturelles, des relations intergénérationnelles; bref, de la cohésion sociale, la formation étant tout d'abord un élément d'intégration professionnelle. Par conséquent, cette société du savoir est tributaire en Suisse d'un certain nombre de réformes - certains l'ont déjà évoqué -, qui sont déjà en cours dans les universités, dans les hautes écoles spécialisées, dans le domaine de la formation professionnelle.
Par rapport aux propositions qui sont présentées dans ce programme de législature, le groupe socialiste ne saurait d'aucune manière accepter les approches restrictives qui lient la formation exclusivement à la croissance économique. Je pense ici plus particulièrement à celle de la minorité IV (Wandfluh). Cette vision-ci est pour nous particulièrement étroite. Si l'on recherchait non seulement le savoir, mais surtout, dans cette perspective, le profit, la formation deviendrait quelque chose de discriminatoire; nous pensons plus particulièrement à tous les secteurs qui relèvent des sciences humaines et sociales. Nous en avons débattu en commission. Le propos y a été atténué, mais il n'empêche que la proposition de minorité IV demeure, dans sa formulation, extrêmement restrictive.
Par contre, il y a un certain nombre de problèmes centraux sur lesquels il faut agir, et nous soutiendrons les propositions de minorité ad hoc. Ce sont les questions liées aux places d'apprentissage. On peut, certes, atténuer le problème, mais celui-ci demeure extrêmement aigu, pertinent, réel et cruellement vécu par toute une série de personnes, de jeunes dans ce pays. Nous pensons qu'il faut agir avec détermination dans le domaine de la formation continue. Les programmes d'impulsion ont été une bonne chose, mais ils ont été aussi à long terme des illusions, puisque les financements de la Confédération n'ont pas forcément été repris par les cantons, les universités, etc.
Par ailleurs, on observe dans le domaine de la formation continue des inégalités de traitement crasses, c'est-à-dire que les personnes qui profitent effectivement de la formation continue sont celles qui sont déjà les mieux formées et celles qui occupent des fonctions à responsabilité. Cela ne nous conduit pas vers une capacité de productivité maintenue tout au long du parcours professionnel et plus particulièrement pour les travailleurs âgés. Il me semble que le programme de législature, sur le volet formation continue, est beaucoup trop flou et peu dynamique.
Enfin, nous rappelons aussi la nécessité de toute une série de réformes structurelles, entre la Confédération et les cantons, en matière de coordination et d'harmonisation des cycles de formation. Nous savons que des démarches sont entreprises et en cours, que des négociations ont lieu. A un moment donné, il faut agir avec détermination, il faut prendre les choses en main et la Confédération devrait être beaucoup plus dirigiste dans ce domaine, sans quoi nous resterons soumis, pieds et poings liés, aux petits régionalismes.
En conclusion, les objectifs généraux définis par le Conseil fédéral permettent certes de mettre en oeuvre toute une série de mesures, mais le message qui est donné ne nous paraît pas suffisamment clair. Nous soutiendrons, par conséquent, les propositions de minorité qui précisent le rôle de la formation et son sens, cette formation qui est à notre avis essentielle non seulement pour la place économique, mais aussi pour l'ensemble de la société suisse et pour son avenir.