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Robbiani Meinrado · Nationalrat · 2004-06-03

Robbiani Meinrado · Nationalrat · Tessin · Christlichdemokratische Fraktion · 2004-06-03

Wortprotokoll

Pour répondre aux pressions d'un marché devenu de plus en plus turbulent et compétitif, les entreprise ont notamment recouru à des formules prévoyant de la flexibilité, formules qui concernent en particulier le volume de l'emploi, les rapports de travail, le temps de travail et les salaires. Cette orientation vers une flexibilité de plus en plus "articulée" a engendré un phénomène parallèle de précarisation ramifiée, capillaire, qui ne peut être ni ignorée ni sous-estimée.

Dans le domaine de l'emploi, on a affaire notamment à un chômage qui frappe un pourcentage élevé d'actifs, mais surtout aussi à la prolifération de rapports de travail atypiques, tels que le travail intérimaire, le travail sur appel, les faux indépendants. Dans le domaine des conditions de travail, on a affaire en particulier à un phénomène de bas salaires qui est source de pauvreté et de difficultés pour un nombre préoccupant de travailleurs et de travailleuses.

Cette situation de précarisation a des retombées particulièrement aiguës. Sur le plan social, on assiste entre autres à une insécurité personnelle et familiale qui se transmet évidemment aussi au tissu social; au renforcement de la tendance à l'individualisme et à la compétition entre individus; à un accroissement du nombre de conflits au niveau social général; à une pauvreté plus capillaire qui sollicite entre autres la sécurité sociale. Sur le plan économique, on assiste à une identification plus faible des travailleurs et des travailleuses qui ont un statut précaire à leur entreprise; à des difficultés dans la formation continue - qui est une exigence de plus en plus reconnue - et aussi à une demande économique plus faible suite aux difficultés de revenu et à l'insécurité qui sévissent sur le marché du travail.

Tout en admettant que les conditions extérieures liées à la compétitivité franchissent largement les frontière nationales et rendent évidemment plus difficile la lutte contre la tendance à la précarisation, le caractère structurel de ce phénomène doit être au centre de nos préoccupations, et ses conséquences doivent retenir notre attention. Il est d'ailleurs indispensable de rappeler que toute croissance économique ne pourra pas être solide à long terme si elle n'est pas implantée sur un marché du travail aussi équilibré que possible. Sauvegarder ce dernier d'une précarisation excessive constitue donc autant un objectif nécessaire en termes sociaux qu'un objectif opportun en termes économiques.

C'est pour ces motifs que je vous invite à soutenir la proposition de la minorité XII.