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Recordon Luc · Nationalrat · 2004-09-29

Recordon Luc · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2004-09-29

Wortprotokoll

La dernière intervention a le mérite considérable de résumer tous les malentendus et les incompréhensions voulus ou involontaires. Pour n'en prendre qu'une, si Monsieur Maitre m'avait réellement écouté, il ne me ferait pas seulement l'honneur de me citer, mais il me citerait exactement. Je n'ai pas proclamé un quelconque amour pour Suisse Tourisme, mais pour ce pays et pour sa branche touristique. C'est considérablement différent.

Ce malentendu a précisément la vertu d'attirer l'attention sur le problème. A quoi bon soutenir Suisse Tourisme, quels que soient ses mérites dans l'accomplissement de sa tâche, si l'on ne soutient pas d'abord le produit, je le répète. Et comment voulez-vous, puisque là encore on en appelle aux PME, qu'une branche qui n'a pratiquement pas de grandes entreprises leaders puisse parvenir à agir de manière coordonnée sans qu'il y ait une impulsion forte des pouvoirs publics, des cantons, qui le font dans une certaine mesure, et de la Confédération, qui, à mon avis, ne le fait pas du tout? Monsieur Favre a rappelé qu'on avait voulu donner un signal avec le crédit hôtelier. J'ai franchement l'impression qu'il n'a pas été entendu. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est donner un nouveau signal. Peut-être que celui-ci sera entendu et qu'il le sera d'abord par le représentant du Conseil fédéral ici présent.

Dans une branche aussi émiettée, il faut indiscutablement que la Confédération prenne en main la réflexion sur l'avenir de celle-ci, non pas, comme le demandait Monsieur Zisyadis, par une loi sur le tourisme, qui à mon avis ne servirait à rien, mais probablement en faisant s'asseoir les partenaires autour d'une table, pour avoir un programme coordonné de réflexions sur le produit avant de penser à sa promotion, qui viendra ensuite et pas tout de suite.

Ainsi donc, il ne s'agit pas de réduire les moyens de Suisse Tourisme pour le plaisir de les réduire, même pas à cause de la raréfaction de l'argent, qui frappe tous les secteurs de la Confédération, mais précisément - permettez-moi cette expression un peu hardie - pour botter les fesses à un secteur qui en a sérieusement besoin et d'ailleurs peut-être aussi à ceux qui, dans les pouvoirs publics, n'ont pas pris conscience de la gravité de la situation. C'est là qu'est le véritable enjeu. Je l'ai dit tout à l'heure, et je le répète: il n'est pas acceptable de faire aujourd'hui comme si on était en situation de "business as usual".

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