Rossini Stéphane · Nationalrat · 2004-10-07
Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2004-10-07
Wortprotokoll
Dans cette affaire, je dois bien évidemment déclarer mes intérêts de chasseur pour m'opposer à ma collègue de groupe Madame Marty Kälin. Je commencerai par développer les arguments qui font que je m'oppose à ces deux motions.
D'abord, en ce qui concerne la motion Donzé qui traite des zones de tranquillité, j'estime que son contenu est problématique, parce qu'il nous renvoie à une question qui est gérée simultanément par les cantons et par la Confédération s'agissant des districts francs fédéraux, mais essentiellement par les cantons pour la partie opérationnelle. Le développement de la motion Donzé fait naître la suspicion sur la qualité des démarches existant actuellement et donne quasiment l'impression que les travaux conduits par les cantons pour le volet application, en collaboration avec la Confédération pour les districts francs fédéraux, sont inefficaces.
Aujourd'hui, il faut être très clair: on ne peut chasser que sur une toute petite partie du territoire de la Suisse. Si on prend les cartes des cantons alpins et des autres cantons, si on enlève le Plateau, les zones urbaines, les agglomérations et les plaines, il ne reste qu'une toute petite partie du territoire à l'intérieur de laquelle nous pouvons chasser.
Dans le développement de sa motion, Monsieur Donzé évoque les besoins de tranquillité pour les espèces craintives - notamment pour le chamois, pour le cerf - qui sont "de plus en plus exclues de nos paysages fortement humanisés", pour citer le développement de la motion. Mes chers collègues, cela n'a strictement rien à voir avec la réalité! Jamais dans certains cantons - notamment le Valais, les Grisons, le Tessin -, il n'y a eu autant de chamois, autant de cerfs, jusqu'à devoir ouvrir des districts francs fédéraux que vous nous demandez d'élargir! C'est l'exemple du Valais l'année dernière: le canton, avec l'aide de la Confédération, a ouvert des districts francs fédéraux; et cette année, non seulement il n'a pas fermé ceux qui avaient été ouverts, mais il en a ouvert encore d'autres pour renforcer la pression, notamment sur les populations de cerfs.
En ce qui concerne les activités de loisir, je dois dire que cette affirmation est aussi problématique. Pour fréquenter la montagne, non seulement à la chasse, mais aussi dans toutes les autres activités, en haute montagne, etc., je dois vous dire que je n'ai jamais rencontré les gens des villes qui nous proposent ces motions ou qui développent un certain nombre d'argumentations! On ne les voit pas. Franchement, ces zones, notamment les districts francs fédéraux que vous évoquez, sont véritablement des zones de grande tranquillité et véritablement protégées aujourd'hui.
Je crois que l'argumentation est en parfaite contradiction avec ce qui est vécu par les gens de ces régions. En ce qui concerne la pratique de la chasse, il est évident qu'il y a quelques perturbations pour les animaux. Mais si on ne perturbe pas dans les zones ouvertes, mais aussi dans ces districts francs fédéraux en vertu justement d'une pression souhaitée par les autorités, comment réguler? Franchement, avec cette motion, on est à mon avis à côté d'une réalité qui est celle vécue par les autorités qui gèrent ces zones de tranquillité, autorité fédérale et autorités cantonales.
S'agissant de la motion Aeschbacher, celle-ci pose aussi un certain nombre de problèmes, tout simplement parce qu'elle est disproportionnée. Il a été dit à plusieurs reprises tout à l'heure, j'en conviens, que ces motions ne sont pas des motions contre la chasse. Mais rien, à part une initiative populaire qui vient d'être déposée, n'est une attaque frontale contre la chasse. Contre la chasse, il n'y a que des attaques biaisées, des petits contours. Finalement, si on entre dans la logique de Monsieur Aeschbacher, il y a une disproportion évidente entre les effectifs européens des oiseaux qui sont [PAGE 1716] mentionnés et ceux de la Suisse qui, avec la chasse, les tirs d'animaux, ne peut effectivement pas régler ce problème seule. En ce qui concerne les sarcelles d'été, l'effectif européen est de 820 000, alors qu'en Suisse le nombre des tirs se monte à 12; pour le canard chipeau, effectif européen 92 000, 19 tirs; pour le canard pilet, effectif européen 240 000, 1 tir. En ce qui concerne les coqs de bruyère, on ne peut pas généraliser la situation. Il est évident qu'en ville de Zurich ou en agglomération bernoise, il n'y a pas de coqs de bruyère, alors que dans des régions des Alpes, il y en a beaucoup.
Par conséquent, je crois que ces deux motions sont inutiles, que les législations actuelles permettent de régler les problèmes et, surtout, je pense qu'il serait faux de dessaisir les cantons d'un certain nombre de tâches qu'il faut conduire au niveau régional. Je pense qu'il est inutile de créer des conflits entre la chasse et la protection de la nature, parce que finalement tout le monde souhaite le même objectif.