Epiney Simon · Ständerat · 2004-09-30
Epiney Simon · Ständerat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2004-09-30
Wortprotokoll
Sans m'opposer formellement à ce projet, j'aimerais, en tant que président de l'Union valaisanne du commerce de détail et de proximité, nuancer quelques propos qui viennent d'être tenus.
A ma connaissance, un voyageur qui fréquente une gare ou habite au centre d'une ville ne meurt pas de faim le dimanche. Il peut se servir auprès d'un commerce de proximité, il peut se servir dans une station-service, et surtout il peut se servir, comme on l'a dit tout à l'heure, dans les gares, dans les magasins Aperto, qui étaient censés au départ fournir des services accessoires conçus pour répondre aux usagers de l'exploitation ferroviaire, mais qui sont devenus au fil du temps de véritables magasins de dépannage pour les habitants des villes.
Alors, la question qu'on doit se poser avec ce projet est la suivante: est-ce que cette ouverture des magasins le dimanche répond à un besoin de consommation et à un changement d'habitudes de consommation? Rien n'est moins sûr; les différentes votations qui ont eu lieu sur ce sujet l'ont démontré. A mon avis, cette ouverture des magasins le dimanche provoque d'abord une inégalité de traitement entre les commerces qui sont situés dans et hors du périmètre des centres; une inégalité de traitement et un conflit entre la grande distribution et le commerce de proximité; une inégalité de traitement entre une gare et une autre.
Ensuite, cette ouverture - et je crois qu'on ne mesure pas suffisamment cet aspect au niveau des représentants des agglomérations - va provoquer des problèmes de fluidité du trafic à l'intérieur des agglomérations et d'aménagement du territoire. On voit qu'il manque des places de parc pour le simple trafic voyageurs. Comment est-ce qu'on va résoudre ce problème des places de parc dans les villes? Comment est-ce qu'on va résoudre celui de l'accès aux gares, lorsqu'on sait qu'elles sont toutes, aujourd'hui, surchargées? Ce sont des problèmes qu'on n'a pas du tout examiné au sein de la commission.
Mais ce qui m'inquiète le plus, c'est que ce projet, en fait, contient en lui-même les prémisses d'une libéralisation générale des heures d'ouverture des commerces le dimanche. Si c'est ce qu'on veut, je crois qu'il faudrait alors le dire de manière très claire. Par contre, si c'est uniquement pour rendre service à certaines grandes agglomérations, alors qu'elles disposent déjà de suffisamment de magasins pour alimenter les gens, c'est une question qu'il faut examiner également.
En ce qui me concerne, je ne m'opposerai pas formellement au projet, mais je pense qu'il est le point de départ d'une libéralisation générale de l'ouverture des magasins le dimanche et qu'il faut être conscient de la décision qu'on est en train de prendre.