Darbellay Christophe · Nationalrat · 2004-12-06
Darbellay Christophe · Nationalrat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2004-12-06
Wortprotokoll
La question est la suivante: l'Europe compte aujourd'hui 450 millions d'habitants, les Etats-Unis presque 300 millions, et pourtant 80 pour cent des films projetés en Europe proviennent d'outre-Atlantique. Pourquoi? Parce que le handicap majeur du cinéma européen ne tient pas tant à la qualité des produits, mais bien plus à l'étroitesse des marchés intérieurs. C'est pour cela qu'en 1991, l'Union européenne a mis sur pied des programmes Media qui, à travers diverses mesures, proposent de promouvoir le cinéma européen dans le monde. Le but est simple: il faut mieux faire voyager les films européens.
La Suisse a participé dès ses débuts aux programmes Media, jusqu'à l'abrupte décision - il y a 12 ans, le 6 décembre 1992 - du non à l'Espace économique européen. Avec cet accord, nous pouvons rattraper les choses. Les chances des producteurs, réalisateurs et cinéastes suisses seront considérablement améliorées, ou plutôt le cinéma suisse sera délivré du handicap lié à sa position en marge des programmes Media.
Les professionnels du cinéma suisse pourront bénéficier des mêmes chances que l'industrie européenne: aide à la création, aide à la distribution, aide à la commercialisation. Les possibilités de coproduction, qui sont devenues la règle, s'ouvriront à nouveau au cinéma suisse. Les professionnels auront accès égal aux formations spécialisées dispensées dans le cadre de Media-Formation, le programme de l'Union européenne. Le coût en sera de 6,5 millions de francs, plus 1 million de dépenses en Suisse. Cela remplacera notamment les 3 millions de francs pour les mesures de substitution qui sont dues à l'absence de ces programmes aujourd'hui.
Le retour sera plus important. On peut penser aux accords bilatéraux I sur la recherche. La mise de base est inférieure au retour qu'on attend. Pour un petit pays multiculturel comme la Suisse, l'intérêt est évident. Il ne s'agit pas d'une machine pour favoriser le cinéma français ou les grands pays. On voit depuis lors, depuis quelques années, émerger des pays comme le Danemark, l'Autriche ou la Belgique. "Mon nom est Bach" aurait pu prétendre aux Oscars si sa présence en Europe avait été renforcée. La Suisse culturelle, la Suisse du cinéma veut jouer en ligue nationale A.
C'est par 13 voix contre 7 que la commission s'est opposée à la proposition de non-entrée en matière du groupe UDC qui n'a pas failli à la tradition, s'étant opposé à tous les accords, parce qu'il prétend que les pouvoirs publics n'ont pas à se mêler de culture.