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Cuche Fernand · Nationalrat · 2004-12-06

Cuche Fernand · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2004-12-06

Wortprotokoll

Il a déjà été dit beaucoup de choses en ce qui concerne ces accords bilatéraux II. J'aimerais, au nom du groupe des Verts, revenir sur quelques points, notamment sur la question de la souveraineté, qui va revenir très fréquemment dans ce débat, notamment lorsque nous aborderons en détail les accords de Schengen et de Dublin. Est-ce grave, au fond, de perdre un peu de souveraineté alimentaire pour être peut-être un peu plus proche des autres? Je ne pense pas que c'est ce soir que nous pourrons répondre à la question, mais, pour les Verts, partager une souveraineté ou se rapprocher les uns des autres ne constitue pas un handicap. D'ailleurs, on remarque que les pays qui sont entrés progressivement dans l'Union européenne ne sont pas des pays qui, aujourd'hui, souffrent ou réclament plus d'autonomie, plus de souveraineté.

J'aimerais bien qu'on mette en relation, notamment à l'égard des porte-parole de l'UDC, cette question de la souveraineté avec d'autres engagements que nous prenons au niveau international, par exemple au sein de l'OMC. Il est quand même important de rappeler ici que les engagements commerciaux que nous avons pris au sein de l'OMC réduisent précisément notre souveraineté alimentaire, la possibilité de contrôler la traçabilité et de nombreux aspects de notre vie au quotidien. Jamais, jusqu'à maintenant, ici au plénum, des porte-parole de l'UDC ne se sont insurgés contre les engagements pris par la Suisse au sein de l'OMC, liés à la perte de la souveraineté alimentaire.

Par rapport à ce phénomène de la globalisation de l'économie, dont l'OMC est devenue un des principaux leaders avec "derrière" la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, je pense qu'il est nécessaire pour la Suisse, pour nos institutions, pour nos libertés, non seulement d'accepter l'ensemble des accords bilatéraux, mais encore de viser l'adhésion à l'Union européenne et de la renforcer pour que notre pays devienne un partenaire politique, un partenaire économique qui veut une autre vision du monde que simplement plus de compétitivité et de libéralisme.

J'aimerais faire aussi quelques considérations sur l'insécurité. On sait que c'est un thème cher à nos collègues de l'UDC. Eh bien, quand je vous vois monter à la tribune les uns après les autres pour exprimer votre méfiance profonde à l'égard du Conseil fédéral, j'en déduis que vous cultivez une insécurité politique, ici, au sein de ce plénum. Jusqu'à maintenant, les arguments que vous avez amenés pour dénoncer l'autorité du Conseil fédéral ne tiennent pas la route. Réfléchissez! Réfléchissez par ailleurs dans vos campagnes électorales aussi, lorsque vous vous adressez au peuple: dans quelle mesure ne cultivez-vous pas de façon exagérée ou de façon voulue, sournoise, le sentiment d'insécurité? Poussez plus loin la réflexion sur cette notion d'insécurité: c'est le "maldéveloppement", c'est la compétitivité, c'est la délocalisation, c'est les programmes d'exclusion dans les entreprises, et c'est là que nous trouverons les principales raisons de l'insécurité. Je ne nie pas ce phénomène, mais je pense que l'origine des causes doit être cherchée beaucoup plus loin.

En ce qui concerne la libre circulation des personnes, je pense qu'on peut y répondre favorablement, en allant dans le sens aussi de l'intervention de Monsieur Rennwald. Puis, en clin d'oeil, je tiens à vous rappeler que dans les zones frontières, par exemple dans le Jura, depuis des années, nous sommes envahis par des sangliers et par des hordes de campagnols qui viennent de la France. Or, il est assez bizarre de voir qu'à la limite, on prend relativement peu de précautions pour éviter la libre circulation des animaux, mais que, par contre, en ce qui concerne les humains, là, vous montez aux barricades!

Dernier thème que j'aimerais aborder: c'est la question de Schengen/Dublin, et notamment le problème des migrations. Je crois que pour les Verts et pour d'autres ici aussi dans ce plénum, il est clair que la façon dont on essaie de "régler" la question des étrangers sur le continent européen - Suisse comprise - n'est pas une solution à long terme. Dans Schengen/Dublin, nous évacuons le fait que nous sommes depuis des décennies dans un monde de migrations; nous nions le fait que les gens qui ont émigré, qui sont en Europe, sont les personnes qui, du point de vue économique, rapatrient le plus dans leur pays d'origine - c'est plus que les investissements privés, c'est plus que les montants de la coopération au développement. Ce sont des gens qui travaillent ici, qui participent au développement de notre économie, à notre développement dans son ensemble. Je pense qu'il est important de se rappeler que la question des migrations n'est pas résolue, et nous aurons l'occasion d'y revenir.