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Scheurer Rémy · Nationalrat · 2000-06-22

Scheurer Rémy · Nationalrat · Neuenburg · Liberale Fraktion · 2000-06-22

Wortprotokoll

M. Eymann est empêché, je le regrette, parce que nous souhaitions que cette intervention se fasse en allemand.

La question est celle de la compréhension réciproque dans les commissions et elle est celle aussi de la pleine reconnaissance de l'officialité de nos langues. Nous ne demandons pas la traduction simultanée dans les commissions, car nous supposons qu'avec le système scolaire suisse actuel, nous avons tous un minimum de connaissances qui nous permettent de suivre à satisfaction une discussion quelle que soit la langue utilisée, que ce soit le français, l'allemand ou l'italien.

Mais il faut bien constater qu'il y a une très forte disparité et que, très souvent, les textes que nous recevons n'existent qu'en allemand, ou alors les traductions parviennent beaucoup plus tard dans nos autres langues officielles. Ce retard dans les traductions n'est pas admissible. Lorsqu'il y a deux ou trois langues officielles, il doit y avoir simultanément les textes dans ces deux ou trois langues. Il y a une officialité, il n'y a pas des officialités différenciées.

[PAGE 816] Ce que nous souhaitons, je l'avais déjà demandé et le Conseil fédéral l'avait accepté, c'est que, lorsqu'un représentant de l'administration s'exprime dans une langue devant une commission, il rédige les transparents dans une autre de nos langues officielles. Quand je l'avais demandé, j'avais eu des remarques ironiques de la part de la "Basler Zeitung". Ce n'est pas l'ignorance des langues qui est en jeu ici, mais c'est tout de même la spécificité d'un vocabulaire technique dans beaucoup de dossiers, c'est l'existence d'expressions particulières, quelquefois très administratives, et c'est aussi l'utilisation abondante de l'abréviation.

Donc, nous demandons, et nous maintenons la motion, que les représentants de l'administration - il va de soi qu'on ne peut pas l'exiger de tous ceux qui s'expriment devant une commission - aient leurs transparents ou les indications qu'ils donnent par d'autres moyens audiovisuels, dans une autre langue que celle qu'ils utilisent. Cela serait déjà un progrès considérable. Nous demandons aussi qu'il y ait délivrance simultanée des textes officiels dans toutes nos langues nationales. Il nous arrive souvent - je le dis à nos collègues alémaniques qui ne le voient pas - que nous recevions la traduction française de textes officiels, au début d'une séance.

J'aimerais rendre attentifs nos collègues alémaniques au fait que, vous vous en souvenez, lorsque nous recevions des textes de l'Union européenne, où les langues officielles sont le français et l'anglais, nous recevions des textes en français et la traduction allemande tardait. C'est tout aussi inadmissible d'avoir une traduction allemande d'un texte français qui n'arrive que plus tard que d'avoir la traduction française d'un texte allemand qui arrive trop tard.

Nous avons l'air d'agir au seul nom des parlementaires francophones ou italophones, encore que les italophones aient une aisance dans les langues qui dépasse très largement la nôtre, mais je crois pouvoir dire qu'il ne serait pas inutile à quelques-uns de nos collègues alémaniques d'avoir des transparents en allemand, lorsqu'un représentant de l'administration s'exprime devant eux en français.

Une des raisons du Conseil fédéral pour demander la transformation en postulat, c'est qu'une solution optimale de ce problème requerrait une nouvelle augmentation de l'effectif des traducteurs, entraînant un accroissement des frais. Cet argument est absolument irrecevable. Il en va du fonctionnement de nos institutions, il en va du fonctionnement du Parlement, il en va de l'officialité des langues, et on nous dit: "Cela nous coûterait trop cher d'engager encore quelques traducteurs." Ce n'est pas acceptable.

Qu'est-ce que ça coûterait ? Un million, un million et demi, deux millions de francs? Et c'est pour cette raison qu'on refuserait la traduction simultanée des textes? C'est pour cette raison que nous n'aurions pas connaissance facilitée de ce qui se dit dans les commissions?

Je vous demande que l'on en finisse avec l'officialité différenciée et que l'on en arrive à une officialité égale, cela aussi bien pour l'italien, pour le français que pour l'allemand, et que nos compatriotes tessinois, s'ils sont fonctionnaires et s'ils s'expriment, puissent aussi, s'ils le veulent, parler en italien et ne soient pas condamnés toujours à parler allemand ou français.