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Bugnon André · Nationalrat · 2004-09-22

Bugnon André · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2004-09-22

Wortprotokoll

Je me rallie bien sûr aux arguments qui ont été donnés par Monsieur Miesch et Madame Garbani tout à l'heure et par Monsieur Lang, s'agissant de la question des 19 millions de francs pour la caserne de Stans.

En fait, ce n'est pas de 19, même si c'est bien le montant qui figure dans le présent projet, mais bien de 50 millions de francs qu'il s'agit. Nous sommes ici à la deuxième étape. Quelqu'un a dit tout à l'heure: "Mais on a déjà fait la première étape!" Celle-ci a coûté 900 000 francs et elle assure, justement, une utilisation fonctionnelle du site de Stans pour former les troupes de la Swissint. Donc, cette première étape était justifiée. Comme on peut, en 2004 - vous avez entendu également que les locaux ont été mis en service le 1er janvier 2004 -, entraîner la Swissint à Stans en utilisant les locaux actuels, on pourra très bien le faire en 2005, et les années suivantes si nécessaire.

Il s'agit bien de 50 millions de francs parce que, quand on aura voté le crédit de 19 millions qui nous est soumis aujourd'hui et en ajoutant les 5 millions du canton - ce qui fera donc 24 millions de francs -, on nous dira en 2007 ou en 2008: "Maintenant qu'on a déjà fait la moitié des travaux, il faut passer à la troisième étape!" qui, elle aussi, est devisée à 24 millions de francs. Donc, on n'y coupera pas à ce moment-là. C'est par conséquent bel et bien 50 millions de francs qui sont concernés par ce projet.

La commission a été étonnée, lors des visites qui ont été faites, de voir que plusieurs sites pour lesquels on nous avait demandé ces dernières années des crédits de transformation, voire de construction, ne sont actuellement pas utilisés pour ce pour quoi ils ont été construits. On avance toujours l'explication de la mise en oeuvre d'"Armée XXI". Ainsi, on ne donne pas les moyens financiers nécessaires afin que la troupe puisse utiliser les sites qui viennent d'être rénovés. Alors, évidemment, cela fait réfléchir. On nous demande de nouveau de voter de nouveaux crédits pour de nouveaux objets, et on risque de nous dire dans quelques années: "On n'a plus besoin des locaux pour ce pour quoi ils ont été conçus et affectés", et puis ils seront vides! Ou bien il faudra encore des crédits de transformation pour les affecter à d'autres usages!

Car, sur le long terme, l'intervention de l'armée à l'étranger n'est pas garantie. Oui, le peuple suisse s'est prononcé en faveur de l'intervention de notre armée à l'étranger pour assurer des missions de paix. Personnellement, je suis bien placé pour intervenir ici puisque j'étais favorable à ce projet. Mais cela s'est fait dans le contexte de l'éclatement de l'ex-Yougoslavie et de la situation dramatique au Kosovo. Il fallait quelque part trouver une mission pour que notre pays puisse jouer un rôle dans le maintien de la paix. Mais lorsqu'on aura investi 50 millions de francs pour préparer des troupes d'intervention à l'étranger, on nous dira évidemment: "Maintenant qu'on a tellement mis d'argent pour la préparation de la troupe, cela fait partie du concept de l'armée suisse", et, inévitablement, on trouvera d'autres missions d'intervention ou, en tout cas, d'appui pour maintenir la paix dans d'autres pays.

Si on demandait au peuple suisse de se prononcer maintenant sur d'éventuelles interventions ailleurs, je me pose la question de savoir s'il serait d'accord. C'était oui sur la question du Kosovo parce que c'était à proximité et qu'il y avait véritablement quelque chose de "prenant" dans ce qui s'est passé lors de l'éclatement de l'ex-Yougoslavie. Mais je ne crois pas que le peuple serait forcément d'accord avec une mission générale, ou généralisée, à long terme, permettant ces interventions de l'armée à l'étranger. Donc, nous entrons aussi dans un processus qui peut être discuté. D'ailleurs, les propos de Monsieur Lang étaient très clairs quant à la question du bien-fondé ou du "mal-fondé" de l'intervention de l'armée à l'étranger.

Je crois que, pour ne pas mettre le doigt dans l'engrenage, il faut absolument refuser ce crédit et soutenir la minorité I (Miesch).

Je vous recommande de ne pas soutenir la minorité II (Lang) et, conséquence du fait de soutenir la minorité I, de rejeter la proposition de la majorité.