Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2005-03-16
Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2005-03-16
Wortprotokoll
Ce n'est ni l'habitude du groupe radical-libéral ni la mienne d'être ni pour, ni contre, bien au contraire! Dans l'esprit, nous partageons tout à fait ce qu'ont dit les rapporteurs, particulièrement le rapporteur de langue française radical-libéral. Et pourtant, nous n'adopterons pas cette motion, parce que nous la trouvons tout simplement inutile.
Depuis longtemps, la Suisse - notamment la Direction pour le développement et la coopération (DDC) - s'est intéressée à la région des Grand Lacs. En ce qui concerne le Rwanda, ç'a été même, je vous le rappelle, un point de concentration et un élément de fierté pour la DDC en Suisse. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a eu une erreur d'appréciation ou de prévision; vous savez ce qui s'est passé au Rwanda. Cela ne veut pas dire qu'il ne fallait pas le faire, mais peut-être le faire autrement. Cela ne veut pas dire qu'il ne faille pas y retourner, mais qu'il faut peut-être y retourner avec plus de prudence et avec un esprit critique plus aiguisé.
Cela étant, le problème est le suivant: le Conseil fédéral doit - avec des moyens limités - distribuer son effort aussi bien multilatéral que bilatéral. Vous savez ce qu'il en est par exemple aujourd'hui de la participation au Fonds de compensation de l'Union européenne où, évidemment, des priorités existent. La région des Grands Lacs doit-elle être une priorité - prioritaire parmi les priorités - ou non? C'est justement la question. La représentante du Conseil fédéral nous a expliqué en commission que, naturellement, la Suisse et la DDC avaient intérêt à rester dans la région des Grands Lacs et qu'il n'était pas question de l'abandonner ou de diminuer l'effort. Nous sommes d'accord avec cela et nous en avons pris acte.
En revanche, puisqu'il s'agit de signes - car nous sommes tout à fait dans le langage symbolique et dans les signes -, cette motion n'aurait-elle pas tendance à dire que c'est là qu'il faut mettre la priorité? Alors pas forcément! Il faut faire ce qu'il faut, rien de moins mais rien de plus, par rapport à tout ce qu'il y a à faire dans le domaine de la coopération au développement. Nous ne sommes donc pas dans la même ligne que Monsieur Mörgeli; nous disons simplement que cette motion aurait l'air de vouloir peut-être tirer d'un côté le Conseil fédéral, alors que nous avons confiance dans le Conseil fédéral pour qu'il établisse l'équilibre adéquat sans faire un abcès de fixation, par exemple sur la région des Grands Lacs. [PAGE 354]
C'est la raison pour laquelle, même si nous partageons beaucoup de ce qui a été dit par les rapporteurs, nous n'adopterons pas cette motion.