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Gentil Pierre-Alain · Ständerat · 2000-06-06

Gentil Pierre-Alain · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2000-06-06

Wortprotokoll

La motion Beerli a suscité une grande émotion dans les milieux de la formation professionnelle qui y ont vu une remise en cause de la filière des HES.

Il faut rappeler que nous-mêmes avons choisi ici la mise en place de deux filières claires de formation. Une filière qui passe plutôt par la voie académique et une autre qui passe par la voie pratique. La motion Beerli, son auteure l'a dit elle-même, heurte la logique du système. Ce n'est pas une lacune en soi, et on peut parfaitement admettre que les systèmes, surtout en matière de formation, ne doivent pas être rigides et doivent pouvoir s'accommoder d'une exception. Mon souci est cependant que les exceptions à la logique des filières soient à sens unique. Si, en effet, on imagine assez facilement qu'on puisse autoriser des étudiants provenant d'un lycée à entrer dans une voie professionnelle en leur suggérant de reporter leur stage ultérieurement, il me paraît beaucoup plus difficile qu'on puisse opérer le contraire, c'est-à-dire autoriser des étudiants, qui ont choisi la voie de la maturité professionnelle, à reprendre la logique de la filière académique. Donc, il faut avoir de la souplesse, mais il faut l'avoir dans les deux sens et avec beaucoup de précautions, si on ne veut pas donner le sentiment que la formation de la filière professionnelle et des HES est une formation à laquelle on octroie moins de valeur et de laquelle il est plus difficile de sortir.

L'inquiétude des milieux de la formation professionnelle est d'ailleurs large puisque Mme Beerli a réussi l'exploit de susciter une alliance sacrée entre l'Union suisse des arts et métiers et l'Union syndicale suisse, ce qui ne se pratique pas tous les jours. Ces associations ont vu, elles aussi, une remise en cause de la filière de l'apprentissage. Je suis persuadé que telle n'est pas l'intention de Mme Beerli qui a rappelé qu'elle croyait beaucoup à cette filière, et elle est bien placée pour le dire. Plutôt que de proposer le rejet de sa motion, j'aimerais lui demander, en application de l'article 27 alinéa 4 du règlement du Conseil des Etats, si elle serait d'accord que sa motion soit transmise à la Commission [PAGE 263] de la science, de l'éducation et de la culture "pour plus ample examen". Ceci voudrait dire qu'on accepte l'idée qu'il y a un problème, mais que la résolution de celui-ci est relativement délicate, qu'elle mérite de la nuance et du doigté et que cette motion mérite un examen plus approfondi au sein de la CSEC-CE. Je demande par conséquent à Mme Beerli si elle accepte cette idée, qui ne constitue pas un rejet de sa motion, mais qui entraînera un examen plus attentif de ce qu'elle demande, ce qui me paraît justifié par les craintes que son intervention a suscitées.