Lexipedia

Amgwerd Madeleine · Ständerat · 2005-09-21

Amgwerd Madeleine · Ständerat · Jura · Christlichdemokratische Fraktion · 2005-09-21

Wortprotokoll

Je ne suis pas membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique, mais la politique familiale me tient à coeur. Nous sommes aujourd'hui en mesure de la concrétiser, non seulement par une harmonisation formelle, mais en faisant un pas de plus qui est important: l'harmoniser matériellement afin d'abolir les inégalités de toutes sortes entre les cantons, concernant les montants, concernant les allocations proprement dites, notamment pour les jeunes en formation et entre les personnes sans activité lucrative.

La complexité des 26 systèmes cantonaux et leur gestion diversifiée ne correspondent plus à la mobilité de la population, à l'évolution du monde du travail et aux modes de vie d'aujourd'hui. Voilà quelques raisons très brièvement résumées; il y en a d'autres encore qui font que je suis favorable à ce projet de loi.

Prenons connaissance de l'historique. J'ai été effarée de constater qu'il aura fallu quatorze ans pour concrétiser l'initiative parlementaire Fankhauser; Madame Brunner l'a déjà souligné. C'est bien la preuve que la politique familiale a de la peine à faire son chemin sous la coupole, et je le regrette. Nous sommes maintenant en face d'un projet qu'il serait catastrophique de rejeter; il a déjà fallu tant de temps pour arriver enfin à ce résultat.

Régulièrement, la Suisse est montrée du doigt pour son manque de politique familiale. Régulièrement aussi, il est constaté que tout ce qui a trait à la politique familiale a de la peine à s'imposer dans le monde politique. Nous avons enfin la possibilité aujourd'hui de contredire ces deux affirmations.

Il est bien clair que la Confédération ne saurait pratiquer une politique nataliste. Chacun choisit librement s'il désire des enfants et combien. Néanmoins deux éléments sont à prendre en compte dans ce débat: d'une part - et nous le savons fort bien -, les enfants sont notre futur. Toute société porte en elle les germes de son déclin si elle ne se renouvelle pas. Le taux de renouvellement de la population n'est pas assuré, et en conséquence aussi le financement de nos assurances sociales; cela est aussi en jeu dans ce débat.

D'autre part, malgré un taux de natalité très faible, il serait faux de dire que le souhait d'avoir des enfants n'existe pas. Des études ont été faites à ce sujet: il est reconnu que le désir d'enfant existe, mais que des considérations d'ordre financier et professionnel influent sur le choix et le nombre d'enfants. Les jeunes familles sont le plus souvent celles qui sont sujettes à la pauvreté. Une allocation pour chaque enfant permettra à certains couples d'oser envisager d'avoir un enfant de plus, à d'autres de mieux concilier et répartir les activités professionnelles et familiales, à d'autres encore de garantir un meilleur équilibre familial. La volonté de concrétiser l'objectif "un enfant, une allocation" répond donc à un besoin de notre société.

Je soutiens donc ce projet de loi, sa volonté d'harmonisation formelle et matérielle, et pour conclure, j'aimerais citer les propos de la présidente de Pro Familia: "Chaque franc investi dans la famille est aussi un franc investi dans l'économie."