Béguelin Michel · Ständerat · 2000-06-22
Béguelin Michel · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2000-06-22
Wortprotokoll
En matière de service public, il y a la théorie et il y a la pratique, pas seulement dans le service public, d'ailleurs, mais en l'occurrence, la comparaison entre les deux éléments pose vraiment des questions. Mme Berger citait les communes qui lui ont écrit. Nous avons probablement tous reçu de ces lettres. En tout cas, moi, j'en ai reçu quatre ou cinq. Les communes sont, elles, vraiment confrontées à la pratique. J'en parle pratiquement en expert, parce que dès 1992, au Conseil national, j'ai déposé au moins cinq ou six interventions parlementaires demandant la définition, une conception, une vision du service public, parce qu'incontestablement celui-ci se dégrade. Le Conseil fédéral a toujours répondu: "Ce n'est pas vrai. Rien ne se dégrade, on ne veut pas que ça se dégrade." Mais les faits sont là. Je caricature un peu, mais on a une sorte d'axe sur [PAGE 459] le Plateau, Genève-Berne-Zurich-Winterthour, avec la branche sur Bâle, où on a les performances les meilleures, les prix les plus favorables, et puis le reste du pays doit s'accommoder de cette évolution-là.
La différence n'intervient pas seulement au niveau des régions. Par exemple, pour la Poste, elle intervient aussi au niveau de la qualité de la clientèle. Le petit client d'une région périphérique n'a pas du tout droit, à prix égal, à la même qualité de prestations qu'un client plus important. Il y a quelque chose qui se dégrade, on va vers une sorte de Suisse à deux vitesses. Et puis, on a ces réponses laconiques, comme le dit très bien Mme Berger, qui restent à quelque part dans les nuages, donc au niveau de la théorie, et, par rapport à cette évolution pratique, on ne voit rien, on doit se contenter de promesses que des choses sont en vue. Or, compte tenu du recul qu'on a sur l'évolution de ces dernières années, on constate que la dégradation est continue et on n'en voit pas le bout. A quelque part, ces réponses données à l'interpellation Berger ne font que confirmer cette tendance à une sorte de laisser-aller, tendance à laquelle, en tout cas, je m'oppose avec véhémence. Le service public doit être crédible, et les communes aussi doivent pouvoir y croire.