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Ory Gisèle · Ständerat · 2005-10-06

Ory Gisèle · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2005-10-06

Wortprotokoll

Je comprends l'idée de la minorité, mais actuellement les autorités font déjà une pesée des intérêts. Alors, pourrait-on aller plus loin? Pourrait-on fournir une preuve des avantages d'une action pour l'environnement? Comment pourrait-on l'apporter? Pourrait-on chiffrer les avantages et les inconvénients d'actions pour l'environnement en termes économiques?

En fait, je trouve que la proposition de la minorité est tout à fait intéressante. Ses signataires vont dans le sens des études qui se font actuellement dans le cadre de la recherche sur le développement durable, études qui ont pour but de montrer la valeur économique des éléments naturels. Des chercheurs ont essayé de déterminer le prix d'une mésange, d'une primevère, d'un insecte pour pouvoir faire entrer la valeur de la nature dans le calcul des richesses d'un pays et comptabiliser la destruction de l'environnement comme une perte de ressources naturelles. Cela fait partie de la volonté de calculer le PIB d'un pays en prenant en compte l'ensemble des paramètres susceptibles d'indiquer l'enrichissement ou l'appauvrissement global d'un Etat ou sa situation de fortune. Inutile de dire que ces calculs sont extrêmement complexes et qu'ils sont loin de faire l'unanimité à l'heure actuelle.

Chiffrer la perte de ressources naturelles a l'avantage de mettre en évidence le prix qu'elles ont et qui est souvent [PAGE 872] bien plus grand qu'on ne le pense, en particulier si on met dans la balance le coût social de l'effet d'une diminution de la qualité de l'air sur la santé, par exemple. Je crains bien que beaucoup de projets de construction ne résistent pas à cette comparaison.

Cependant, en attendant que nous ayons une méthode fiable pour faire cette évaluation, il faut bien admettre que ce que demande la minorité est extrêmement difficile à appliquer. On ne peut pas actuellement évaluer la valeur d'un biotope, d'une espèce ou de la qualité de l'air et la traduire en francs. Quels critères devrait-on prendre? Comment devrait-on faire pour apporter cette preuve? Même si cela devait être possible, ce serait un allongement et une complexification considérables des procédures.

Je vous propose donc de rejeter la proposition de la minorité Germann.