Scheurer Rémy · Nationalrat · 2000-09-18
Scheurer Rémy · Nationalrat · Neuenburg · Liberale Fraktion · 2000-09-18
Wortprotokoll
La réponse du Conseil fédéral à l'interpellation Gadient est intéressante dans sa première partie: "Le Conseil fédéral est d'accord .... pour considérer que la formation, la recherche et la technologie sont fondatrices de notre prospérité et constituent les principales ressources de notre pays." Eh bien, à partir de là, qu'est-ce que l'on fait? Je prendrai deux ou trois exemples seulement. A partir de là, comment est-ce qu'on se comporte? Prenons la subvention de base de la Confédération à l'égard des universités: cette subvention a été votée à hauteur de 408 millions de francs par le Parlement, en 1992, et le Conseil fédéral n'en a distribué que 357 millions de francs. En 1999, la subvention de base était de 429 millions de francs - vous voyez qu'on a bougé de 20 millions de francs entre 1992 et l'an 2000 - et le Conseil fédéral n'en distribue que 375 millions de francs, exactement comme en 1998. Et si on prend ça un peu autrement, on voit qu'en Suisse, en 1992, pour un diplôme délivré par les universités, il y avait 44 431 francs de subvention de base. En 1998, par diplôme délivré, il n'y avait plus que 30 527 francs. Cela veut dire que la subvention de base, par rapport au nombre d'étudiants et au nombre de titres délivrés, est une subvention qui plonge. Et on nous dit que ce sont là "les principales ressources de notre pays", et c'est comme ça que l'on agit! Ce n'est pas sérieux.
Je prends l'exemple de la recherche: on a mesuré très étroitement l'argent au Fonds national suisse de la recherche scientifique depuis une dizaine d'années. C'est à peine si le renchérissement a été compensé. Eh bien, on vient de lancer, c'est dans le programme qui va se développer maintenant, des pôles de recherche nationaux. Cela a eu, parmi les chercheurs, un prodigieux succès.
C'est une mobilisation générale de tous les laboratoires de recherche dans les universités, dans les écoles polytechniques, dans les entreprises, partout où cela est possible. Finalement, ce sont 225 projets qui étaient lancés. Il y en a 82 que l'on a retenus. Puis on est arrivé à en retenir 18 au Fonds national. C'est la crème de la crème! C'est ce qu'il y a de meilleur! Au-delà de ces 18, il y en a des dizaines qui méritaient le soutien. Et on n'est même pas sûr d'avoir ces 18, parce qu'on n'a de l'argent que pour une dizaine peut-être, alors que le Fonds national suisse de la recherche scientifique a déclaré que ces projets étaient hautement prioritaires, qu'ils étaient scientifiquement au top - et ce ne sont pas seulement les Suisses qui le disent, ce sont les étrangers qui ont étudié ces projets - eh bien, on n'a même pas l'argent pour en avoir 18! Dans le même temps, et c'est là encore une contradiction, on envoie des gens aux Etats-Unis avec comme mission de ramener en Suisse des cerveaux exilés! Nous nous apprêtons à faire partir pour les Etats-Unis des dizaines et des dizaines de jeunes savants, parce qu'on ne créera pas assez de pôles nationaux de recherche et, en même temps, on essaie de faire revenir des cerveaux suisses des Etats-Unis!
Véritablement, nous nous demandons dans quel Etat nous sommes, quelle est la politique que nous faisons. Alors, j'ai un espoir, Madame la Conseillère fédérale: c'est que dans le budget 2001, il y aura, au moins pour les pôles de recherche nationaux, de quoi retenir les 18 pôles que le Fonds national recommande de prendre. Ce serait un minimum. Pour la subvention de base aux universités, peut-être faudra-t-il patienter encore, puisqu'il y a d'autres choses à faire, mais qu'au moins une fois, on mette les chiffres en accord avec les lettres, je vous en supplie!