Savary Géraldine · Nationalrat · 2005-12-05
Savary Géraldine · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2005-12-05
Wortprotokoll
Je vous demande de soutenir la proposition de la minorité Vollmer et de laisser au Centre de compétence pour la politique étrangère culturelle du DFAE les moyens nécessaires à la poursuite de son travail. Ceux-ci sont indispensables pour que soient mises en oeuvre les missions inscrites dans l'ordonnance sur l'organisation du Département fédéral des affaires étrangères. Il y est en effet mentionné que le DFAE doit assurer l'efficacité, la qualité et la compétence du travail des représentations suisses à l'étranger, notamment dans le domaine culturel. Car la culture est une production de premier plan dans notre pays, elle fait notre richesse, elle traduit notre force, elle exprime notre créativité. Et comme toute richesse, elle s'exporte.
Or le temps est révolu où il suffisait que Madame l'ambassadeur distribue des Ferrero Rocher au son discret d'un clavecin! La culture helvétique, ses productions artistiques et muséographiques sont devenues des valeurs sûres et doivent par conséquent être fortement valorisées par nos représentations à l'étranger. Le crédit de 1,5 million de francs sert à cela. Il est à la disposition de nos ambassades et fait partie intégrante de la défense de nos intérêts. On ne parle pas d'autre chose; il n'est nullement question ici de création, de liberté d'expression, de soutien aux jeunes artistes ou alors de politique culturelle qu'on souhaiterait renforcer ou au contraire réduire selon les cas. On parle ici diplomatie, ambassades, représentation de la Suisse à l'étranger. Et la conduite des relations culturelles internationales est un élément actif de la politique extérieure de la Suisse qui conduit, entre autres, à assurer le rayonnement de notre pays à l'étranger.
Cet ordre des choses est clair pour tout le monde: pour les ambassades, qui savent trouver dans le Centre de compétence pour la politique étrangère culturelle une offre de qualité; pour les artistes, qui font connaître ainsi leur art hors de nos frontières; et pour le Département fédéral de l'intérieur, qui joue une toute autre partition. C'est d'ailleurs si clair qu'un accord a été signé en mai 2005 entre le chef du DFI et la cheffe du DFAE. Celui-ci confirme d'une part la vocation du DFAE en matière culturelle et, d'autre part, il établit une distinction très nette entre les projets qui ressortent des attributions de Pro Helvetia et ceux qui sont sous la responsabilité du Centre de compétence pour la politique étrangère culturelle. Le crédit de 1,5 million de francs correspond donc bien à une mission, à une tâche et à une fonction.
Cette clarté invite à la clairvoyance - la nôtre - qui consiste à refuser la proposition de la majorité. Toute autre attitude trahirait plus une volonté de rétorsion qu'un réel souci d'économies; rétorsion contre la cheffe du Département fédéral des affaires étrangères, ou contre la culture. Or je ne peux imaginer que quiconque, ici, dans cette assemblée, privilégie un geste de mauvaise humeur à la défense des intérêts de notre pays.
Je vous demande donc de soutenir la proposition de la minorité Vollmer.