Chappuis Liliane · Nationalrat · 2000-09-20
Chappuis Liliane · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2000-09-20
Wortprotokoll
Depuis 1998, on parle beaucoup de l'offensive du Conseil fédéral pour une société de l'information et l'offensive de la formation. Plusieurs commissions d'experts ont établi des rapports contenant des propositions concrètes, ainsi que l'estimation des coûts y relatifs. Certaines commissions y travaillent encore.
La réponse du Conseil fédéral à l'interpellation Galli cite certaines mesures en voie de réalisation, mais ne fait aucune mention d'un concept global. Ces mesures prises en faveur de l'apprentissage et de la formation professionnelle étaient certes les bienvenues. L'effort devra cependant être maintenu, afin de mettre sur pied des formations dans les nouveaux métiers qui se dessinent actuellement, ainsi que de permettre la mise en oeuvre de nouvelles formes d'apprentissage. Les mesures pour favoriser l'accès des filles aux professions traditionnellement masculines ont également apporté une légère amélioration, mais elles devront encore être intensifiées pour atteindre les buts fixés.
Dans les domaines de l'informatique et des technologies de l'information et de la communication, les formations de base en informatique rencontrent un succès impressionnant, tant au niveau des apprentissages que des formations dans les HES.
Toutefois, peut-on parler dans ce cas d'une offensive générale de formation? Nous avons l'impression plutôt qu'on réagit au coup par coup, qu'on joue aux pompiers, en éteignant les incendies là où ils sont les plus importants. Il manque un concept global qui prenne en compte l'ensemble de la problématique de la formation. A l'encontre des autres pays européens qui ont également lancé des offensives de formation et voté des budgets y relatifs, la Suisse se contente de parer au plus urgent. Il est absolument nécessaire que tous les milieux de la formation se concertent, tant au niveau de la Confédération qu'à celui des cantons, pour aboutir à un programme de réalisation d'une offensive de la formation et votent les budgets y relatifs. Sans cela, il faut cesser de parler d'offensive de la formation.
[PAGE 942] Je cite un extrait du deuxième rapport du groupe de coordination "Société de l'information" à l'intention du Conseil fédéral: "L'utilisation des technologies de l'information et de la communication modifiera considérablement notre économie, tout en influençant durablement l'évolution de la société. La connaissance est l'une des principales ressources de notre économie nationale, et les services liés au savoir constituent un facteur déterminant pour la prospérité de la place économique suisse. Le niveau de qualification de l'ensemble de la population, à savoir égalité des chances également pour les personnes défavorisées sur le plan financier, en rapport avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication, est l'un des plus grands défis de ces prochaines années."
L'économie - la "new economy" - et les changements politiques qui se profilent - le gouvernement électronique - supposent que les citoyens soient formés dans le domaine du numérique. Il convient en outre de lutter contre l'apparition d'une société à deux vitesses au moyen d'un système de formation dynamique et novateur. Sur ce plan, il appartient à la Confédération de donner des impulsions et de lancer des programmes ciblés.
Ce groupe d'experts a recommandé au Conseil fédéral de prendre dès 2001 des mesures d'urgence pour un montant de 80 millions de francs par année dans trois secteurs: formation continue du corps enseignant pour la société de l'information, formation dans des salles de cours virtuelles, lancement d'un programme pour les milieux moins touchés par la formation.
La réponse du Conseil fédéral ne va pas dans ce sens, nous le regrettons. Il est temps de passer des rapports aux actes afin que l'on puisse enfin parler d'une réelle offensive de la formation en Suisse.