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Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · 2000-09-20

Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2000-09-20

Wortprotokoll

J'aimerais juste ici faire une intervention générale et relativement brève, parce que la tonalité de la réponse du Conseil fédéral à l'interpellation Leutenegger Oberholzer Susanne me paraît imprégnée d'une idéologie qui me semble poussée à un degré qui confine à l'absurde.

J'ai failli commencer cette petite intervention en m'adressant, non pas à M. le conseiller fédéral, mais à M. Couchepin, M. le ministre des privatisations et du laisser-faire - j'ai hésité. Parce qu'au fond, à part le projet de désengager encore l'Etat des quelques rares secteurs où il a une politique, où il a une présence, le Conseil fédéral se borne à constater ce qui s'est passé, à faire quelques commentaires sur la politique des banques. Il y a éventuellement quelquefois un recours auprès de la Commission de la concurrence pour permettre que les banques servent du crédit de manière peut-être plus favorable. Mais à part ça, le constat, c'est que l'Etat regarde, laisse faire.

Alors, j'aimerais dire à M. le conseiller fédéral que, quand tout sera privatisé, il ne lui restera plus comme département, d'après ma nouvelle appellation, que le ministère du laisser-faire. Evidemment, si un conseiller fédéral n'est plus que ministre du laisser-faire, on peut se poser la question de son utilité!

Est-ce que véritablement l'Etat n'a rien à dire, rien à faire dans la politique des salaires, dans une politique qui permettrait de redistribuer du pouvoir d'achat - et le Conseil fédéral reconnaît lui-même que la pauvreté du pouvoir d'achat dans les années nonante a été pour beaucoup dans la faiblesse de notre croissance? Alors, qu'est-ce qui peut faire augmenter ce pouvoir d'achat, par exemple en termes de système de primes d'assurance-maladie? Quel type d'impôts devrions-nous augmenter ou baisser pour favoriser ce pouvoir d'achat? Quelle politique de crédits devrions-nous appliquer? Et là, Monsieur le Conseiller fédéral, vous étiez probablement déjà dans ce Parlement - je n'y étais pas -, j'ai un vague souvenir quand même d'un débat historique dans ces Chambres fédérales, à la fin des années huitante ou au début des années nonante sur un contrôle parlementaire de la politique des taux d'intérêts menée par la Banque nationale, que votre prédécesseur, M. Delamuraz, avait souhaité et que ce Parlement n'avait pas voulu. Eh bien, est-ce que là, justement, nous n'avons pas manqué une occasion de [PAGE 948] mieux maîtriser l'évolution de la politique monétaire et des taux hypothécaires de la Banque nationale? Donc, est-ce que véritablement le Conseil fédéral renonce pour l'éternité à s'exprimer sur la politique de crédit qui doit être menée dans ce pays? Quelle politique d'investissement?

Enfin, sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication, je crois savoir que vous partagez le voeu que la société évolue dans le sens que j'ai également développé, mais alors, dans un sens diamétralement opposé à la tonalité de cette réponse! Les professionnels de ces nouvelles technologies de l'information et de la communication disent eux-mêmes qu'il faut que l'Etat ait une politique volontariste en matière de formation, de promotion de ces nouvelles technologies pour les milieux qui en sont exclus culturellement et socialement. Il s'agit donc, là aussi, d'avoir une politique publique qui soit un petit peu plus volontariste.

Pour toutes ces raisons, et là c'est un petit cri du coeur, je demande à notre ministre de l'économie de bien garder une haute conception de sa tâche et de la politique publique que le Conseil fédéral entend mener pour soutenir la croissance et favoriser l'économie.

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