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Deiss Joseph · Bundesrat · 2006-03-15

Deiss Joseph · Bundesrat · Freiburg · 2006-03-15

Wortprotokoll

L'année passée, pour la première fois, le rapport sur la politique économique [PAGE 254] extérieure comportait aussi une première partie stratégique. Par là, je voulais innover par rapport à une tradition de longue date où le rapport sur la politique économique extérieure était le moment de faire le bilan, de faire accepter au Parlement les modifications nécessaires dans notre infrastructure d'accords et de lois sur le commerce extérieur ou les relations économiques extérieures.

Je remercie tous les intervenants qui, une année après cette première discussion, ont accueilli favorablement non seulement le rapport qui vous est présenté, mais aussi la stratégie que nous avons maintenant commencé à mettre en place et en application. Cette stratégie - plusieurs orateurs l'ont rappelé - comporte trois axes qui, chacun, regroupe toute une série d'activités sur lesquelles je reviendrai brièvement.

Le premier axe est logiquement, pour une politique économique extérieure bien sûr, celui de l'accès aux marchés extérieurs dans une optique mondiale, mais avec des degrés et des nuances en fonction de l'importance des partenaires. Il va de soi qu'une telle stratégie ouverte vers l'extérieur implique que nous rendions la pareille à nos partenaires et, par conséquent, que nous nous exposions à la concurrence, concurrence que nous sommes parfaitement à même de relever.

Deuxième axe: l'efficacité de notre secteur tourné vers l'extérieur, sa compétitivité sont grandement tributaires aussi de la compétitivité de notre économie domestique. C'est pourquoi il est impossible de parler d'économie internationale sans parler du marché intérieur et de tout le programme d'assainissement que nous avons mis en place.

Il y a le troisième axe, et je suis d'accord avec Madame John-Calame qu'il est tout aussi important que les deux premiers. Je vous dirai même qu'il n'est pas nécessaire de n'appliquer que des principes altruistes lorsqu'on fait de la politique du développement parce que finalement nous y trouvons notre avantage aussi. Il s'agit de renforcer des économies émergentes, attardées, d'abord pour leur propre bien, mais surtout aussi pour trouver de nouveaux partenaires solides dans nos relations extérieures.

Voilà la raison pour laquelle il est tellement important de prendre en compte les deux dimensions de notre économie de développement: celle de base, mais aussi celle qui vise, par les activités du SECO, à développer l'économie des pays précités à proprement parler, en particulier en soutenant les entreprises en leur transférant nos connaissances sur la petite ou moyenne entreprise et en leur fournissant les moyens de les développer.

J'aimerais dire un ou deux mots de la situation économique et aussi répondre par là aux interventions de Messieurs les conseillers nationaux Remo Gysin et Rennwald, qui se sont inquiétés de cette politique d'ouverture. Nous avons actuellement une situation économique qui est bonne. Elle l'est parce que le secteur extérieur, malgré la grande compétition au niveau international, est florissant. Nous avons enregistré pour l'année passée près de 7 pour cent de croissance des exportations, un peu plus même du côté des importations. Au début de cette année, le mois de janvier s'est "annoncé" de manière "fulgurante" puisqu'on note 16 pour cent de croissance autant du côté des exportations que de celui des importations. Ce sont bien sûr les signes d'un dynamisme tout à fait excellent.

Cette bonne "posture" du secteur extérieur est accompagnée d'une situation encourageante sur le plan intérieur: demande de consommation qui est maintenant en croissance; opinions ou prévisions des consommateurs qui sont positives. Nous sommes au-dessus de la moyenne des prévisions pour la première fois depuis longtemps et les investissements également sont en croissance. Par conséquent, nous avons maintenant une croissance solidement assise sur les différents piliers qui font la conjoncture, et nous avons pu constater pour la première fois au mois de février 2006 des effets en valeur absolue aussi au niveau du marché du travail. 2 pour cent de croissance, c'est le minimum nécessaire afin de ressentir également des effets au niveau de l'emploi. Par conséquent, les efforts que nous avons entrepris avec les différentes stratégies doivent être maintenus.

Je comprends Monsieur Remo Gysin lorsqu'il exprime les inquiétudes d'une bonne partie de la population, qui observe l'évolution internationale avec un certain souci, en particulier les implantations d'entreprises suisses à l'étranger. Mais je dois vous dire que notre succès à venir est à ce prix.

Ich unterstütze die Auslagerung. Bei jedem Auftritt im Ausland, wo man nach Direktinvestitionen aus der Schweiz verlangt, ist meine erste Antwort: Meine Aufgabe ist es nicht, Arbeitsplätze nach X oder Y zu bringen, meine Aufgabe ist es, Arbeitsplätze in der Schweiz zu schaffen oder zu erhalten. Wenn Sie mit Schweizer Unternehmen Arbeitsplätze in China, in Brasilien oder anderswo schaffen wollen, dann ist es Ihre Aufgabe, dafür zu sorgen, dass es den Schweizer Unternehmen, die dort investieren wollen, passt und dass das für sie ein konkurrenzfähiger Standort ist.

Aber es wäre eine zu einfache Art und Weise des Denkens, bei jeder Auslagerung nur negative Seiten für unsere Wirtschaft zu sehen. Für die meisten Unternehmer ist es eine Bedingung, auszulagern, um Märkte zu gewinnen, in denen sie, würden sie sie nur von der Schweiz aus bearbeiten, keine Chance hätten. Ich habe zum Beispiel in Indien die Firma Bühler beobachtet, die weltweit 4000 bis 5000 Beschäftigte hat, davon 2500 in der Schweiz. Sie verkaufen in Indien Mühlen, insbesondere für Reis. Um dort in den Markt zu kommen, um überhaupt ins Geschäft zu kommen, ist es unbedingt nötig, dass sie vor Ort etwa 300 Arbeitsplätze unterhalten. Somit sind diese Arbeitsplätze, die dort geschaffen wurden, natürlich quasi ein Verlust an Arbeitsplätzen in der Schweiz, anders gesehen aber ein Gewinn für die 2500 Arbeitsplätze, die in der Schweiz verbleiben, oder sogar eine Bedingung dafür.

Dass diese Strategie funktioniert, sieht man an den Zahlen. Denn Sie müssen nicht nur die Zahlen betrachten, die aussagen, wie viele Schweizer Unternehmer im Ausland investiert haben. Sie müssen auch schauen, wie sich der Export entwickelt. Um bei Indien zu bleiben: In den beiden vergangenen Jahren hat sich der Export aus der Schweiz nach Indien jeweils um 17 Prozent vergrössert; nach China, wo wir auch mit Auslagerungen operieren, hat sich unser Aussenhandel in den vergangenen Jahren auch mit zweistelligen Zahlen entwickelt. Das zeigt, wir können unsere Konkurrenzfähigkeit erhalten, indem wir auswärts präsent sind.

Ich möchte Sie vor einer Reaktion warnen, die ich in letzter Zeit immer wieder gehört habe, nämlich dass man infrage stellt, im Ausland zu kaufen. Wir verkaufen für 150 Milliarden Franken Waren im Ausland. Das ist mehr als 40 Prozent unseres ganzen Betriebes. Wenn sich nun im Ausland die Mentalität durchsetzen sollte, dass man nicht mehr ausländisch kauft, wem würden wir dann unsere Waren verkaufen? Sie sehen also, es geht uns darum, Zugang zu den Märkten zu haben, damit wir auf dem Grundstock, der unsere Wirtschaft trägt, weiterhin aufbauen können, nämlich dem Aussenhandel im Bereich der Dienstleistungen wie auch in jenem des Handels.

Vous avez dit que je promeus. Deshalb übrigens unsere Strategie. C'est pour cette raison que nous avons mis en place, pour en venir maintenant à la stratégie orientée strictement vers l'extérieur, ces différents niveaux, le premier étant celui du multilatéral, avec le cycle de Doha dans le contexte de l'OMC.

Monsieur Gerhard Pfister s'est inquiété de la faiblesse de l'OMC à résoudre ses problèmes. Effectivement, le problème est considérable puisqu'il s'agit de trouver une réponse qui permette à chacun des 150 partenaires de dire à leur parlement en rentrant chez eux: "Je vous invite à ratifier les résultats du cycle de Doha parce que pour notre pays c'est un gain." Donc, nous devons avoir une situation qui est 150 fois "win-win". Et c'est là la grande difficulté à parvenir à une solution.

Le rendez-vous d'Hongkong n'a pas été couronné du succès que l'on espérait, mais ce n'était pas un échec non plus. Nous avons pu progresser. Actuellement, il s'agit surtout de savoir si, entre les grands pouvoirs en présence, des [PAGE 255] préaccords, des ententes sont possibles. Et contrairement à ce que vous croyez, l'enjeu principal actuellement est de trouver une entente entre l'Union européenne et les Etats-Unis, puis par rapport au G20, c'est-à-dire aux économies émergentes, et les autres partenaires tels que le G10, c'est-à-dire la Suisse, le Japon. Il faut rester confiant dans le fait que les activités qui sont en cours actuellement nous permettent, pour la fin avril 2006, de parvenir à fixer le cadre des négociations, mais il faut être très prudent et ne pas créer des espoirs inutiles.

Je n'insiste pas sur le deuxième niveau de notre stratégie qui est l'Union européenne. Il y a là toute une série de résultats qui ont permis l'année passée d'améliorer encore notre réseau, nos conditions-cadres avec l'Union européenne. Vous connaissez les sondages que le Conseil fédéral a aussi demandés en matière de libre-échange agricole. C'est un projet qui sera à l'ordre du jour au cours de cette année.

Le troisième niveau, c'est celui des accords bilatéraux. Il s'agit-là bien sûr de ne pas tomber dans le piège qui consisterait à croire que c'est une solution de remplacement, un élément qui peut suppléer à une éventuelle défaillance de l'OMC. Les accords bilatéraux ne sont pas là pour créer un réseau global, mais ils permettent d'aller plus loin que l'OMC, avec des partenaires choisis. On vous a cité les succès qui sont à enregistrer: on a ratifié l'accord avec le Liban; vous êtes appelés aujourd'hui à en faire de même pour celui avec la Corée, un des dix pays les plus "grands" au monde du point de vue économique; nous avons terminé les négociations avec l'Union douanière d'Afrique australe; et vous connaissez tous les projets qui sont en cours.

Je ne partage pas tout à fait l'opinion de Monsieur Bührer selon laquelle les entretiens exploratoires que nous avons menées avec les Etats-Unis auraient été néfastes pour notre pays: bien au contraire, je peux dire aujourd'hui que jamais les relations que nous avons eues avec les Etats-Unis n'ont été aussi intenses et aussi bonnes. Jamais il n'a été possible d'obtenir des Etats-Unis - aucun pays ne l'a obtenu jusqu'à présent - de négocier ou de discuter en dehors des conditions d'un "Free Trade Agreement" à l'américaine. A Davos, la principale constatation qui a été faite par Monsieur l'ambassadeur Portman a été que, pendant les quatre mois qu'ont duré les entretiens précités, dans 21 groupes de travail, nous avions fait un travail tel qu'il était impossible de simplement renoncer à toute intensification de nos relations.

Je crois que les Américains sont suffisamment professionnels pour pouvoir mener avec un pays comme le nôtre des tractations qui ne sont pas directement couronnées de succès. C'est pourquoi il nous a été possible de créer le forum au sein duquel nous allons maintenant travailler. Là encore - et je regrette que cela ait été propagé par les médias, par des organisations et peut-être par nous-mêmes ou par le Conseil fédéral -, il ne s'agit pas de susciter des espoirs surfaits au départ de telles discussions. C'est pourquoi je suis très prudent aujourd'hui en parlant du forum. Je vous invite d'abord à laisser les experts faire leur travail, et vous pourrez en apprécier les résultats lorsqu'ils vous seront présentés.

J'aimerais encore répondre brièvement à plusieurs questions.

Herr Walter Müller hat über die Beziehungen mit den Entwicklungsländern gesprochen, und ich möchte hier unterstreichen, dass wir nicht nur darauf bedacht sind, unsere Hilfe möglichst effizient einzusetzen, sondern auch darauf, diese Länder als Partner zu entwickeln. Wenn Sie die Zahlen unseres Aussenhandels sehen, werden Sie feststellen, dass viele dieser Länder heute schon gute Partner der Schweiz sind. Wir versuchen, diesen Partnern auch über Organisationen wie Sofi oder Sipo zu helfen.

Herrn Bührer möchte ich noch sagen, dass wir fest entschlossen sind, im Bereich der Diskussion betreffend Steuern mit der EU unsere Interessen und unseren Standpunkt zu vertreten: Aus unserer Sicht ist der Freihandelsvertrag aus dem Jahre 1972 keine Grundlage, um Steuerdiskussionen zu führen.

Herr Schibli hat Fragen gestellt; insbesondere zur Frage des Stellenwertes der Sozialkompetenz bei den WTO-Verhandlungen in Bezug auf den Abbau der Zölle möchte ich Folgendes sagen: Bei dieser WTO-Runde geht es um eine Entwicklungsrunde, bei welcher wir auch den Entwicklungsländern besondere Bedingungen einräumen wollen. Die Schweiz hat sich in Hongkong für einen Kompromiss zugunsten der Entwicklungsländer stark gemacht, der dann schliesslich durchgekommen ist, wonach man ihnen einen erleichterten Zugang zu unseren Märkten gewährt.

Was die Unabhängigkeit, die Souveränität, unseres Landes anbetrifft, ist diese innerhalb der WTO voll garantiert, da gilt das Prinzip der Einstimmigkeit. Das heisst, Sie werden hier über ein eventuelles Resultat zu befinden haben, Sie werden ein solches zu ratifizieren haben. Es ist aber nicht möglich, dass uns etwas aufgezwungen wird. Natürlich müssen wir auch die Konsequenzen tragen, wenn wir bei einer Lösung nicht mitmachen.

Enfin, par sa proposition de minorité, Monsieur Müller Geri demande un rapport subdivisé en un rapport sur les activités de politique extérieure en 2005 et un catalogue de mesures.

Je vous invite à la repousser, simplement par le fait qu'on y a répondu par le rapport qu'on vous présente et qui prend en compte les deux préoccupations de Monsieur Müller. D'un côté, un débat stratégique peut aussi être mené, et, de l'autre, suivre sa proposition de minorité serait à mon sens irréaliste puisqu'il est impossible de fixer au début de l'année quelles sont les tâches à accomplir en matière de politique économique extérieure. D'une part, cela n'aurait pas de sens de dévoiler quasiment toute notre stratégie dans beaucoup de situations où nous sommes en négociation; d'autre part, tout ce que nous faisons en politique extérieure ne dépend pas de nous seuls mais aussi de nos partenaires.

Je vous invite à rejeter la proposition de la minorité Müller Geri.