Rossini Stéphane · Nationalrat · 2006-03-20
Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-03-20
Wortprotokoll
Au nom du groupe socialiste et en complément des propos tenus par Madame Schenker, je vous invite à refuser les propositions de renvoi et de non-entrée en matière. Il est extrêmement important pour nous d'avancer dans ce dossier de l'assurance-invalidité et de tenir cette discussion, car tous les éléments qui ont été évoqués pour ne pas entrer en matière figurent dans le dépliant et peuvent être décidés maintenant. Je crois que nous devons accomplir cet acte politique, qui figure incontestablement parmi les plus importants de cette législature.
Le contexte est certes extrêmement difficile; de notre point de vue, il n'est guère aisé de défendre et de renforcer les droits sociaux des personnes, car l'état d'esprit général, avec pour leitmotiv "moins 20 pour cent de rente", révèle une part importante d'arbitraire. Finalement, ce leitmotiv constitue une attaque contre un certain nombre de droits sociaux, mais aussi une attaque contre certaines catégories de population, plus particulièrement les personnes souffrant d'invalidité psychique.
On a beaucoup parlé jusqu'ici de détection et d'intervention précoces. Il faut aussi rappeler que, depuis 1960, le principe de la réinsertion primant la rente figure dans la loi sur l'assurance-invalidité. Nous n'avons donc pas réinventé la roue avec la 5e révision de l'AI; nous nous donnons simplement les moyens d'aller un petit peu plus loin et un petit peu mieux.
Dans cette révision, le Conseil fédéral a introduit deux éléments complémentaires: d'une part la question des mesures sociales et d'autre part la question du financement. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas raisonner uniquement sous l'angle de la révision matérielle car celle-ci comporte non seulement des éléments positifs, mais aussi des mesures difficiles à assumer pour les personnes qui en ont véritablement besoin. On oublie trop souvent, dans ce débat, que les personnes n'abusent pas de l'assurance-invalidité; elles subissent des examens approfondis et elles n'ont pas un droit qu'elles décident de s'arroger; elles ont un droit qui est passé au crible de l'analyse médicale, et c'est ensuite seulement qu'elles bénéficient d'une rente.
Cet élément est important, mais ce qui est plus important encore, c'est qu'il faut éviter aujourd'hui de jouer la stratégie du pire dans le domaine financier, à savoir de laisser se développer le déficit de l'assurance-invalidité encore quelques mois, voire quelques années, et de n'avoir ensuite à revendiquer qu'une seule recette miracle, à savoir la suppression drastique des prestations. Aujourd'hui, nous devons agir, prendre des mesures, permettre à cette révision d'être traitée au sein de nos conseils pour trouver rapidement une solution, mais une solution qui soit globale, à savoir régler à la fois les aspects matériels et financiers.
Enfin, si l'on veut régler les problèmes de l'invalidité, et plus particulièrement ceux de l'invalidité psychique, nous devons avoir aussi la capacité de discuter, dans ce pays, de la relation entre économie et société, entre entreprises et personnes. Sans admettre le fait que la problématique de la relation entre économie et société existe, sans prendre des mesures interdisciplinaires dans les domaines de la formation et de la formation continue, des conditions de travail et de la politique familiale, nous passerons à côté du but. L'assurance-invalidité est révélatrice du fonctionnement de notre société et de ses maux; nous devons en avoir conscience et prendre les mesures qui en découlent.