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Ory Gisèle · Ständerat · 2006-06-07

Ory Gisèle · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-06-07

Wortprotokoll

Après s'être interrogé sur les causes de l'explosion des coûts, il me semble qu'il est utile maintenant de se poser la question de la clé de répartition de ces coûts entre la Confédération et les cantons. Le coût est important pour les villes hôtes qui nourrissent quelques doutes légitimes quant aux retombées économiques réelles pour elles. La lettre qu'elles nous ont envoyée la semaine passée était claire: elles espéraient un forfait de 17 millions de francs. Le Conseil national leur a accordé 10,5 millions de francs pour leur frais de sécurité; les deux commissions du Conseil des Etats y ont renoncé.

Les villes hôtes sont actuellement assez inquiètes; elles craignent un peu le référendum, car la population de ces villes n'est pas entièrement acquise à la cause de l'Euro 2008, et si un refus de la population ne serait certainement pas insurmontable, ce serait quand même un peu malheureux pour cette manifestation. Du fait de la présence de l'Euro 2008 sur leur territoire, les sites d'accueil - villes et cantons - devront faire face à des dépenses extraordinaires; ils investiront, bien sûr, beaucoup dans la sécurité, mais ils devront aussi investir dans l'image touristique de la Suisse en général et ils n'en recueilleront bien sûr qu'une partie des bénéfices. Il est évidemment difficile de chiffrer une telle répartition des retombées. L'étude présentée démontre que les villes hôtes devront assumer plus ou moins la moitié des frais et n'auront en retour qu'un quart des bénéfices, en particulier dans le domaine du tourisme hôtelier. Les résultats de cette étude paraissent plausibles et il y a fort à parier que ce sont les lieux les plus touristiques de la Suisse qui profiteront le plus de cette nouvelle offensive publicitaire.

Le problème de fond, en réalité, renvoie tout à la fois aux qualités et aux imperfections de notre fédéralisme. L'Euro 2008 est un événement de portée nationale, et même plus - européenne et internationale. Il nous paraît donc logique, dans le cas présent, que la Confédération s'implique davantage, financièrement parlant, que les cantons et les villes hôtes. Ces villes et ces cantons héritant de la tâche délicate d'organiser la tenue de ces rencontres devront supporter l'essentiel de l'augmentation des coûts de sécurité. A nos yeux, ce n'est pas équitable. Cette explosion des coûts n'est pas seulement liée aux critères très stricts de sécurité de la FIFA et de l'UEFA, mais aussi au contexte international et à la crainte qu'à l'occasion de l'Euro 2008, les intérêts et la sécurité de notre pays ne soient mis en péril par des actes terroristes. Or précisément, il est normal que ce type de menace soit supportée par la Confédération.

Je vous propose donc de soutenir la proposition de la minorité et de nous rallier ainsi au Conseil national, en accordant 10,5 millions de francs aux villes hôtes pour leurs dépenses en matière de sécurité et en portant le crédit d'engagement de la Confédération à 82,5 millions de francs.