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Schmied Walter · Nationalrat · 2000-10-02

Schmied Walter · Nationalrat · Bern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2000-10-02

Wortprotokoll

La situation dramatique des gardes-frontière n'a plus besoin d'être évoquée ici à cette tribune, cela a été fait par mes préopinants. Reconnaissez que la situation est gravissime en Suisse; il est regrettable de voir que la frontière, bien que protégée, soit une passoire. La situation devient de plus en plus difficile, quand on tient compte des statistiques qui permettent de constater que le nombre de gardes-frontière divisé par le nombre de kilomètres de frontière à surveiller est carrément dérisoire, si l'on sait qu'il y a des disparités au niveau des revenus, ce qui a été évoqué par mon préopinant également. Je ne me satisfais pas de votre réponse et de la transformation en postulat, à moins que vous ayez des garanties supplémentaires à me donner qui ne ressortent pas de la réponse du Conseil fédéral.

J'attends donc votre réponse pour savoir si je me déclare prêt à accepter la transformation en postulat. Pour le moment, les éléments me font défaut. Je crois qu'il est faux de sous-estimer le problème de la sécurité: il s'agit non seulement de sécurité intérieure, mais aussi de sécurité extérieure et de collaboration entre des Etats au sein de ce continent.

Je crois que ceux qui ont rendu visite aux gardes-frontière, avec certaines commissions - je me souviens des visites faites dans le cadre de la Commission de gestion ou de la Commission de politique extérieure - se souviennent des conditions dans lesquelles ces personnes doivent travailler. Ce sont des personnes qui sont payées en dessous de ce qu'on est en droit d'attendre d'elles, notamment dans certains cantons. Il y a juste le canton du Tessin, où un garde-frontière arrive à environ l'équivalent du salaire perçu par un policier du même canton. Mais ce n'est pas le cas par exemple dans le canton de Genève. Nous devons donc intervenir pour régler une fois pour toutes la disparité qui existe à ce niveau-là.

Je sais bien que vous avez de la peine à écouter et à répondre à mes questions, mais peut-être qu'on arrivera quand-même à dialoguer à cette tribune. Je crois qu'il est inutile de nous affirmer ici et de nous tranquilliser en disant qu'à l'avenir, on va dissoudre ces frontières dans le cadre d'une collaboration internationale. Les frontières méritent d'être gardées: il y va ici de la sécurité intérieure du pays. Je crois qu'il faut attaquer le problème à la base, et essayer de résoudre ce fléau.

J'ai visité moi-même avec d'autres personnes de cette enceinte les postes-frontière, et j'ai vu combien il est facile d'y passer des marchandises, des matériaux, des armes parce que l'effectif y est insuffisant. Je me suis rendu compte combien les gens du terrorisme organisé sont eux-mêmes organisés. Ils savent exactement quand les gardes-frontière sont présents. Il suffit que les occupants d'une première voiture se comportent de manière douteuse pour accaparer les forces sur place et pour que la deuxième voiture puisse passer en toute tranquillité parce que l'effectif est insuffisant et ne permet pas de faire le travail.

Alors, j'attends votre réponse avec beaucoup d'attention, et éventuellement j'accepterai de transformer ma motion en postulat, mais pour le moment je n'ai pas une garantie suffisante pour le faire.