Couchepin Pascal · Bundesrat · 2006-06-15
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2006-06-15
Wortprotokoll
Au cours de cette discussion, trois chapitres ont été évoqués. Tout d'abord, le premier chapitre concerne la crise survenue au Musée national, notamment dans les relations entre le Musée national et l'Office fédéral de la culture. Je crois qu'au niveau personnel, les choses sont proches d'un dénouement, et j'espère que l'on va trouver une solution satisfaisante, sinon dans les heures, du moins dans les jours qui viennent.
Ensuite, le deuxième chapitre concerne l'avenir du groupe Musée Suisse et son plus ou moins grand degré d'autonomie. Je confirme ce que j'ai toujours dit, et l'autre jour encore l'éditorialiste d'un grand journal zurichois a appelé à clarifier enfin notre position. Mais notre position a toujours été claire: on a toujours dit que, à terme, nous souhaitions que les musées soient réunis dans une fondation ou dans une organisation juridique qui donne la même indépendance; qu'il s'agisse d'une fondation ou d'une institution de droit public indépendante, peu importe. Nous voulons l'autonomie des musées, mais auparavant il faut d'abord définir la politique des musées. L'Office fédéral de la culture prépare un document qui devrait vous être remis avant la fin du premier semestre de l'an prochain. Je ne prendrai pas position quant au contenu de ce document avant qu'il ne soit présenté; cela relève du bon sens et de la logique. Ceux qui voudraient précipiter les choses devront prendre leur impatience en patience!
Enfin, le troisième chapitre concerne le Musée national. Comme Monsieur Schiesser et d'autres l'ont dit, nous ne sommes pas restés inactifs puisque, avec votre accord, on a entrepris les travaux de rénovation du bâtiment du musée actuel qui a besoin d'un assainissement rapide, ce qui représente 31 millions de francs. On a entrepris la construction du dépôt d'Affoltern pour 28 millions de francs. Ce n'est quand même pas négligeable. En tout, 59 millions de francs sont engagés dans les travaux au Musée national. La prochaine étape concerne l'agrandissement du musée national. Le problème juridique lié à l'emplacement et au recours semble être réglé. Il s'agit de savoir comment intégrer ces travaux - que nous voulons entreprendre - dans la planification générale des travaux de la Confédération et dans la vision générale des finances publiques.
Les gens qui essaient de trouver au sein de cette chambre une solution qui tienne compte à la fois des finances et de la volonté d'accélérer les choses disent: "Après tout, présentez-nous un message. Rien ne vous oblige ensuite à le réaliser rapidement." J'ai là quand même quelques "Bedenken", comme on dit en allemand, quelques soucis et scrupules de pratiquer de cette manière. Au cours de ces dernières années, on a souvent dit: "Au lieu de faire un acte politique, donnez un signal, faites un acte symbolique." Est-ce qu'un message du Conseil fédéral devient aussi une sorte d'acte symbolique qui n'engage pas et qui permet de calmer un peu l'opinion publique? Je prétends que lorsqu'on présente un message, celui-ci a un contenu clair, et que si vous l'approuvez, on doit agir. Approuver le message et dire ensuite que, dans le cadre des discussions, on va retarder les choses, cela me paraît un petit peu ennuyeux.
J'en viens à la motion. La commission propose une modification de son texte. Elle propose d'introduire un élément supplémentaire: "Le financement devra être assuré pour une part substantielle par des fonds de tiers." Je l'ai dit avec le sourire, mais je le répète presque sans sourire: la dernière fois que nous avons fait cela, c'était pour l'exposition nationale de 2002. On a dit: "On se met en branle et à coup sûr on va trouver assez d'argent pour diminuer" - Madame Langenberger l'a exposé - "de façon substantielle la part de la Confédération."
Il n'y a pas besoin de se référer à ses connaissances bibliques, mais prenons le dialogue entre Dieu le Père et je ne sais plus quel héros face à Sodome et Gomorrhe: "Epargneras-tu Sodome et Gomorrhe s'il y a trente justes?" Il va les chercher et ils ne sont pas là. Il finit par en chercher trois ou quatre, et il ne les trouve toujours pas. Alors, est-ce qu'on doit faire démarrer la construction, si dans Sodome et Gomorrhe il n'y a pas assez de justes pour donner des contributions substantielles? Qu'est-ce qu'une contribution substantielle?
Honnêtement, tout le monde sait bien que la motion aujourd'hui n'engage pas, mais elle engage quand même; une motion doit engager. Puis, Monsieur Hofmann, on présentera un message qui n'engage pas à agir tout de suite, mais qui engage quand même. La Confédération a un partenaire qui doit apporter sa contribution de manière substantielle. Qu'est-ce qu'une contribution substantielle lorsqu'il s'agit de travaux devisés entre 120 et 150 millions de francs?
Malgré toute la sympathie éprouvée pour ce sujet et la volonté que l'on a d'aboutir, et Dieu sait si j'aurais du plaisir, sinon à inaugurer, du moins à lancer les travaux d'agrandissement du Musée national de Zurich - j'en ai presque des fantasmes en imaginant que j'irais avec un haut-de-forme, comme ceux qui ont inauguré ce musée il y a cent ans, et puis que, dans cent ans, on regarderait cette photo en se demandant de quel personnage il s'agissait; bref, ce ne sont que des fantasmes; et vous viendrez avec moi, Monsieur Hofmann! -, honnêtement il faut les vouloir, mais il faut les faire de manière ordonnée. Voter une motion qui nous impose de présenter en 2008 un message concernant l'agrandissement du Musée national, cela ne correspond pas à la politique que vous nous demandez de pratiquer en général, qui implique qu'on intègre un projet de cette importance dans un contexte plus large.
C'est la raison pour laquelle je me vois contraint, à mon corps défendant, de dire non à cette motion, mais oui au Musée national.