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Langenberger Christiane · Ständerat · 2006-09-18

Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2006-09-18

Wortprotokoll

Les discussions sont vives autour de la réalisation de l'"Armée XXI" et de l'étape de développement 2008-2011. L'audition que nous avons organisée dernièrement laisse présager des débats certainement intéressants et critiques, mais dont le ton m'a particulièrement frappée et déplu, Monsieur Schweiger l'a également relevé. C'est donc avec une certaine appréhension que j'ai empoigné ce nouveau programme d'armement d'un coût relativement élevé.

Pour moi, il doit répondre aux questions suivantes: répond-il à l'analyse des menaces actuelles et prévisibles à moyen terme? Nous permet-il de développer notre armée comme celles des pays européens qui nous sont proches? Ces achats s'inscrivent-ils dans une stratégie de collaboration accrue avec les pays voisins? Ce programme répond-il à l'évolution, que j'approuve, prévoyant une réduction des capacités de défense dans un contexte de 25 pays européens qui ne souhaitent que de vivre en paix au profit de moyens pour des engagements de sûreté sectorielle. La palette de menaces demeurant cependant variée - prolifération d'armes de destruction massive, terrorisme, organisations mafieuse d'ampleur, extrémisme -, le programme tient-il compte des expériences faites dans le cadre des guerres actuelles menées en Irak et au Liban?

Je me suis ainsi demandé si le projet d'acquisition d'un système d'informations de conduite des formations terrestres n'était peut-être pas trop sophistiqué comparé à l'objectif d'une diminution des armements dans le cadre de la défense telle que nous la préconisons. Les propos tenus par Monsieur le conseiller fédéral Schmid et ce qui a été dit lors de la présentation du système à Thoune ont démontré avec beaucoup de conviction que ce système facilitait la conduite des opérations en réseau dans tous les cas de figure. Il permet en effet aux décideurs de disposer plus rapidement des résultats de l'exploration et de la reconnaissance, d'accélérer ainsi le processus de décision et d'intervention et d'opérer de manière interactive avec d'autres décideurs. Les Forces terrestres pourront, comme la majorité des autres armées, jeter progressivement aux oubliettes scotch, feutres et papier d'emballage. Le système est interopérable et répond ainsi également à l'objectif de collaboration avec des partenaires en Suisse et à l'étranger. L'exercice Mikado a permis de démontrer l'intérêt de ce système afin d'harmoniser les engagements de l'armée et d'organismes de sécurité civile.

Autre sujet délicat: l'achat de douze chars de déminage, que nous avions provisoirement mis entre parenthèses. Là aussi, la démonstration m'a convaincue. Ces chars pourront être utiles dans le cadre de catastrophes, de manière bien plus efficace et profitable que des bulldozers de chantier. L'augmentation du nombre et du potentiel de glissements de terrain, d'inondations, de tremblements de terre et d'actes terroristes est suffisamment préoccupante pour rendre cet achat crédible. Je suis moins convaincue de l'option permettant le déminage. Je n'en vois guère l'utilité dans notre pays, mais cela fait partie du tout. Et puis, il est vrai aussi que la conduite de ces engins nécessite une bonne formation et de l'exercice. La présence de ces chars dans l'équipement et l'instruction d'un noyau permettant la montée en puissance du secteur de la défense semble bien entendu également adéquat.

Je ne suis guère surprise de la réaction du Groupe pour une Suisse sans armée qui juge ce programme insensé, douteux et exemplaire de l'économie de copinage en matière d'acquisition d'armement, un avis que partage, en tout cas partiellement, notre collègue Gentil. Pour ma part, je regrette que certains milieux ne comprennent pas l'intérêt pour notre pays de soutenir une usine telle que celle de Pilatus, dont les produits sont reconnus au niveau international - société qui garantit de nombreuses places de travail. Aucun autre pays au monde ne se priverait d'un tel atout, ceci d'autant plus qu'il y a, en plus, un intérêt évident pour notre armée à garder dans le pays une production lui permettant, en cas de crise, d'obtenir des pièces de rechange. Mais ceci est un sujet dont nous aurons encore à débattre de manière plus approfondie dans d'autres circonstances.

Les autres projets d'investissement me paraissent également répondre aux questions que j'ai évoquées au début ou, tout au moins, ne pas s'écarter des objectifs de l'organisation future de l'armée.

Je vous demande donc d'entrer en matière et d'approuver le programme d'armement 2006.