Amgwerd Madeleine · Ständerat · 2006-09-20
Amgwerd Madeleine · Ständerat · Jura · Christlichdemokratische Fraktion · 2006-09-20
Wortprotokoll
Mieux concilier vie familiale et vie professionnelle, favoriser la réinsertion professionnelle des femmes, permettre à une femme hautement qualifiée et formée d'avoir une famille et des enfants - comme l'a dit Madame Langenberger, les dernières statistiques indiquent que de très nombreuses femmes avec une formation de haut niveau renoncent à avoir des enfants -, mais aussi permettre aux familles, aux hommes comme aux femmes, de concilier un double engagement professionnel et éducationnel dans les meilleures conditions possibles: c'est ce que doit permettre le programme d'impulsion à l'intention des cantons et des communes. C'est de leur compétence et cela a été voulu par la loi fédérale sur les aides financières à l'accueil extrafamilial pour enfants.
Nous devons décider aujourd'hui du deuxième et dernier crédit. Il s'agit bien d'une aide au démarrage, d'un encouragement à la création de nouvelles places de crèche, de lieux d'accueil ou de structures de jour de différents types. Il ne s'agit pas d'un subventionnement régulier et acquis. Il a été constaté que nous manquions en Suisse de lieux d'accueil; le nombre de places manquantes a été estimé à environ 50 000. Avec le premier crédit utilisé à hauteur de 107 millions de francs, 13 400 places seront créées, ce qui correspond à environ 40 000 enfants qui pourront être gardés.
On peut donc considérer qu'un peu plus du quart des places nécessaires a été créé. Le manque est encore d'un peu plus de 35 000 places. Il est facile de constater que ce n'est pas avec les 60 millions de francs du Conseil fédéral que l'on arrivera à les créer, s'il a fallu 100 millions de francs pour en établir un peu plus de 10 000. C'est donc bien le crédit de 200 millions de francs que je vous demande de soutenir, comme le Conseil national, ceci d'autant plus que les montants non utilisés ne peuvent pas être conservés ou mis en réserve: ils ne seront tout simplement pas dépensés.
C'est un signe fort, et pas seulement symbolique, que l'on donne en acceptant ce montant. C'est faire la preuve que l'on veut réellement mettre en pratique une vraie politique familiale qui permet de concilier un engagement professionnel [PAGE 672] et l'éducation des enfants. Un franc dépensé pour l'accueil des enfants rapporte trois francs à l'économie. Une étude très précise a été faite à ce sujet et vous connaissez aussi bien que moi les arguments qui justifient cette affirmation. Une femme qui travaille paie des cotisations sociales, des impôts, réinjecte son salaire dans le marché.
La création de lieux de garde engendre des places de travail. Une prise en charge professionnelle des jeunes enfants joue un rôle important de prévention, de socialisation et d'intégration. C'est de l'argent gagné pour l'avenir. Si des possibilités de garde existent, cela incite les femmes à reprendre leur travail après leur congé maternité, ou en tout cas plus rapidement après quelques années passées à la maison.
Voilà quelques-unes des raisons qui militent en faveur du fait que l'on ne soit pas restrictif comme le propose le Conseil fédéral. Le calcul du Conseil fédéral est un petit calcul, un calcul d'épicier qui ne voit que ce qu'il a ou n'a plus dans sa caisse le soir, jour après jour. Nous devons voir plus loin, avoir une vision prospective: ce que l'on dépense aujourd'hui en plus, on le récoltera demain et après-demain.
Je vous demande de soutenir la proposition de la minorité et la décision du Conseil national.