de Buman Dominique · Nationalrat · 2006-12-05
de Buman Dominique · Nationalrat · Freiburg · Christlichdemokratische Fraktion · 2006-12-05
Wortprotokoll
Je déclare d'abord mes intérêts au sens de la loi sur le Parlement. Je suis vice-président de la fondation Bibliomedia suisse.
J'aimerais intervenir ici comme représentant du groupe démocrate-chrétien et j'exprimerai également l'expérience que j'ai au travers de cette fondation qui s'occupe notamment de la formation de la jeunesse, mais surtout de la propagation de la culture au sens propre du terme au sein de la population. Notre groupe s'est penché à la fois sur la proposition de la Commission de la science, de l'éducation et de la culture et sur la proposition de la minorité Frösch. A une faible majorité, il ne soutiendra pas la proposition de la Commission de la science, de l'éducation et de la culture. Par contre, il soutiendra à l'unanimité la proposition de la minorité Frösch. C'est dire s'il hésite entre le fait de choisir la solution de compromis qui est représentée par la minorité Frösch et la volonté de revenir au montant qui était initialement octroyé à la fondation Bibliomedia suisse.
Mis à part les chiffres et indépendamment des avis de notre groupe, j'aimerais bien sûr insister, non pas seulement sur le travail qui est accompli par la fondation Bibliomedia suisse, mais sur certains aspects que cette fondation représente pour notre pays. Elle compte en effet trois centrales régionales: au Tessin, à Lausanne et à Soleure, qui reflètent le fédéralisme auquel nous sommes tous attachés. Mais surtout, elle effectue un travail d'éducation et de formation. Ce qui est trompeur au sujet du crédit qui est accordé à Bibliomedia suisse, c'est que la position figure sous 306 Office fédéral de la culture. On pourrait donc s'imaginer qu'il s'agit en quelque sorte de dépenses qui ne sont pas indispensables par rapport au budget de la Confédération.
Quand on connaît le travail qui est fait par Bibliomedia sur le terrain, dans les cantons et les communes, on se rend compte immédiatement qu'il s'agit bien davantage d'un travail de formation - de cette formation dont nous souhaitons, nous le Parlement, que les crédits soient augmentés de 6 pour cent cette année. Il s'agit donc de la formation de base, et non pas d'une formation accessoire.
Comme il y a eu au sein du Département fédéral de l'intérieur, et plus particulièrement à l'Office fédéral de la culture, une prime qui a été donnée au cinéma, c'est toute une série d'autres positions qui ont souffert dans ce département: je pense notamment à l'entretien des monuments historiques de niveau national et à la fondation Bibliomedia. Cette injustice doit être corrigée. Il ne s'agit pas d'une certaine façon de vouloir diminuer l'aide ou la mesure d'encouragement qui est attribuée au cinéma, mais il s'agit de ne pas faire souffrir injustement d'autres positions où le travail est fait de manière qualitative.
J'aimerais ajouter une dernière remarque. La Confédération, par l'Office fédéral de la culture, justifie la coupe budgétaire qui vous est proposée en invoquant des réserves que la fondation aurait encore à disposition. Là, je crois qu'il faut tordre le cou à une idée fausse. Il y avait certes quelques réserves, parce que c'est une fondation et qu'une fondation doit, par définition, avoir un équilibre financier. Mais ces réserves sont en train de fondre, et celles et ceux qui connaissent Bibliomedia savent que notamment les projets d'encouragement à la multiculturalité, au multilinguisme, sont mis en péril.
Or, au Parlement, il y a au minimum un dénominateur commun: c'est le souci de faire quelque chose pour l'intégration, notamment des étrangers. Là où nous divergeons, c'est quand il s'agit de savoir s'il faut une loi particulière sur l'intégration. La droite du Parlement est contre une loi sur l'intégration alors que la gauche y est plutôt favorable. Mais personne ne conteste aujourd'hui que l'intégration en tant que [PAGE 1664] telle doit être faite. Or Bibliomedia, par son action au niveau de la formation de base, notamment dans les milieux défavorisés et les zones périphériques, permet d'assurer un certain niveau de culture et de lecture à toutes les couches de la population.
C'est pour toutes ces raisons que je vous demande en tout cas de soutenir la proposition de la minorité Frösch. Une minorité de notre groupe soutiendra la proposition de la CSEC-CN - qui a toutefois été rejetée par 11 voix contre 8.