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Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2006-12-18

Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2006-12-18

Wortprotokoll

Le groupe radical-libéral a pris acte de ce rapport avec intérêt. Permettez-moi d'insister simplement sur un ou deux points.

Je crois que quand on parle des relations de la Suisse avec l'ONU, on doit parler principalement de Genève. On sait bien que Genève a été un point fort de la politique étrangère de la Suisse avant même que la Suisse ne fût membre de plein droit et à part entière de l'ONU. Mais évidemment, depuis que la Suisse est entrée à l'ONU, sa position et la position de Genève ne sont renforcées. Je pense que ce n'est pas par hasard si c'est maintenant à Genève qu'il y a le Conseil des droits de l'homme, qui a pris la succession de la Commission des droits de l'homme, et si la Suisse a pu entrer dans le Bureau dudit conseil. Par conséquent, c'est un succès pour notre politique étrangère.

Mais rien n'est jamais acquis. Le rôle de Genève pour la Suisse et pour la politique étrangère de la Suisse doit être constamment fortifié, constamment défendu. Nous avons eu des cas où des organisations internationales ou des conférences n'ont pas choisi Genève. Avoir l'OMC à Genève a été un coup de chance, mais il a aussi fallu se battre pour cela. Je crois qu'il serait important que nous autres parlementaires de tous bords, si c'était possible, nous nous rendions compte de l'atout que représente pour la politique étrangère suisse le rôle de Genève. Par conséquent, il est aussi bienvenu que nous puissions bientôt discuter de la loi fédérale sur l'Etat hôte. Entre la Confédération et le canton de Genève, tout ce qui pourra être fait pour faciliter le travail des organisations internationales, mais aussi des organisations non gouvernementales, pour l'accueil également des délégations de pays qui n'ont pas beaucoup de moyens, et qui doivent par conséquent être aidés pour pouvoir travailler à Genève, tout cela sera bienvenu.

En ce qui concerne maintenant le fond de la question, nous avons bien compris que, depuis que la Suisse est membre à part entière de l'ONU, elle a encore renforcé son action en faveur des droits de l'homme, en faveur du droit humanitaire, en faveur du droit international tout simplement. Si vous pensez au droit humanitaire, il y a par exemple - et nous en avons eu un aperçu en commission - tout ce qui est fait, notamment à Genève, en matière de mines antipersonnel.

A part cela, c'est aussi au sein de l'ONU que la Suisse peut davantage exprimer sa disponibilité. Cela ne date pas d'hier: naguère, on parlait de bons offices. La disponibilité de la Suisse dans le multilatéral, la crédibilité de la Suisse, c'est quelque chose qui doit se défendre tous les jours.

Il y a encore, pour avoir de l'influence et également pour aider à transmettre le message que la Suisse peut faire passer, les actions à mener pour faire en sorte que des Suisses soient insérés dans le système des Nations Unies et à des places intéressantes, importantes. Vous savez que, par exemple, l'ancien directeur de la Division du droit international public a pu être placé comme secrétaire général adjoint aux affaires juridiques et conseiller juridique de l'ONU. Mais maintenant que Monsieur Kofi Annan, qui aimait beaucoup la Suisse et va s'installer en Suisse ad personam, ne sera plus secrétaire général et qu'un Sud-Coréen va le remplacer, il va falloir que la Suisse s'engage pour essayer de garder les positions qu'elle a obtenues dans le circuit international.

Il y a enfin - et la Suisse, naturellement, doit y participer - la réflexion sur la réforme de l'ONU dont d'aucuns ne cessent de dénoncer l'inefficacité. Mon préopinant a même parlé de corruption. Je crois que c'est une accusation qui est vraiment extrêmement lourde et infondée. Ce n'est pas parce qu'il y a peut-être eu, ici ou là, des cas qui ont pu être dénoncés et suivis d'une enquête, qu'il faudrait parler de corruption générale au sein de l'ONU.

Sur tous ces aspects, le rapport donne des informations, offre des réflexions. Je pense donc que le Parlement ne peut qu'encourager le Conseil fédéral à renforcer à la fois la position de la Suisse dans les organisations internationales qui ont leur siège en Suisse et la politique étrangère de la Suisse dans la voie multilatérale que l'ONU favorise.