Ory Gisèle · Ständerat · 2006-12-13
Ory Gisèle · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-12-13
Wortprotokoll
La recherche européenne est d'une importance fondamentale pour l'avenir de notre secteur industriel et pour le développement de nos PME, c'est-à-dire également pour la création d'emplois dans notre pays, puisque la plupart des emplois créés chez nous le sont dans les PME.
Grâce à leur participation à ces programmes de recherche, les PME suisses peuvent s'intégrer dans les réseaux européens. Leurs relations avec les grandes entreprises européennes intégratrices leur permettent d'accéder à des marchés d'exportation particulièrement intéressants. En restant à la pointe de l'innovation dans les domaines qui intéressent le plus leurs partenaires européens, elles améliorent leur capacité de répondre rapidement à la demande et par conséquent leur compétitivité. Elles accèdent également à de nouvelles technologies de production et à de nouveaux produits. Travailler en partenariat avec les entreprises européennes ne peut que stimuler la recherche industrielle en Suisse aussi.
Près de 80 pour cent des grandes entreprises, des PME, des universités et des organismes de recherche non universitaires confirment que la coopération à la recherche européenne est d'une très grande utilité scientifique et donne accès à des financements de projets qui sont utiles pour notre industrie. Cela permet également de faire connaître en Europe les compétences des entreprises suisses.
La recherche européenne est également indispensable pour la formation et les hautes écoles. Les possibilités de la Suisse sont trop restreintes pour entretenir un réseau de recherche et de formation qui puisse couvrir tous les besoins; il est donc nécessaire de s'intégrer dans les réseaux européens. Grâce à des projets concrets de recherche et de développement, les hautes écoles peuvent s'intégrer au réseau universitaire international et entrer dans le futur espace européen de la recherche actuellement en gestation.
Cette intégration ne peut être que favorable à la qualité de la recherche en Suisse, car elle pousse continuellement les instituts de recherche à se dépasser pour rester au niveau de qualité international. Or, on le sait bien, dans ce domaine la concurrence est très forte. Les universités ont aussi la possibilité de se faire connaître à l'étranger, de se faire apprécier, d'attirer des chercheurs et des doctorants de haut [PAGE 1112] niveau, d'enrichir les parcours de formation par la participation aux réseaux d'excellence européens.
L'accord sur la coopération scientifique et technologique est aussi favorable à la Suisse que nous pouvions l'espérer. Les chercheurs suisses participent à l'espace européen de la formation et de la recherche et en tirent de nombreux bénéfices.
En matière de recherche, la seule question qui peut encore se poser maintenant, à ce stade, c'est la participation de la Suisse au projet international ITER. Bien que la Suisse soit associée au programme de recherche sur la fusion dans le cadre du programme Euratom depuis 1979 sur la base d'un accord non limité dans le temps, nous pouvons nous demander aujourd'hui si un tel investissement peut se justifier, connaissant d'une part la réticence de la population suisse en matière d'atome, et d'autre part les problèmes liés à la fusion.
Les perspectives en matière de fusion ne sont pas intéressantes pour le moment. En outre, la fusion pose autant de problèmes écologiques que la fission, même si ce ne sont pas les mêmes. Du point de vue technique, nous sommes donc loin d'avoir résolu les principales difficultés. Du point de vue de la sécurité, nous risquons bien de nous trouver face à des défis plus grands encore qu'avec la fission. Il serait judicieux aujourd'hui de se poser la question de fond de ce que nous attendons vraiment de cette recherche et quels bénéfices elle peut nous apporter à moyen terme.
Cependant, le retour sur investissement de la participation de la Suisse aux sixièmes programmes-cadres a généralement été considéré comme favorable. Des critiques qui méritent d'être relevées ont cependant été formulées, entre autres en ce qui concerne la taille parfois difficile à gérer des programmes intégrés et la difficulté d'accès aux projets pour les PME. Il semble bien que ces critiques aient été entendues par l'UE qui a pris des mesures pour y remédier. Les besoins de l'industrie devraient être mieux pris en compte grâce à la création des plates-formes technologiques européennes et nationales et les besoins des PME grâce à de nouveaux instruments que nous avons créés à cet effet. Nous devrions ainsi pouvoir accroître encore la participation des grandes entreprises comme des PME à ces programmes.
Bien sûr, ces investissements en faveur de la recherche seront plus rentables encore si les entreprises suisses et les organismes académiques se montrent très efficaces. On peut dire qu'ils le sont déjà; on peut citer en exemple la plate-forme technologique Manufuture Suisse qui se concentre sur les technologies de production industrielle, en particulier pour les produits à haute valeur ajoutée et haut niveau de connaissances. Cette plate-forme a été mise sur pied par un comité de volontaires de l'industrie et du monde académique avec l'appui de la CTI. Elle est le pendant de la plate-forme européenne qui est appelée à jouer un rôle clé dans les septièmes programmes-cadres. La délégation suisse a été choisie pour présider le groupe de travail des plates-formes nationales et occupe ainsi une position très influente.
L'investissement financier dans ces programmes est très important, mais les résultats obtenus et attendus le justifient pleinement. L'Europe fait un effort considérable dans le domaine de la recherche, elle a une réelle ambition. La Suisse doit rester un partenaire sur lequel on peut compter; c'est pourquoi il est nécessaire de consentir cet effort financier.
Je vous prie donc d'entrer en matière sur le projet relatif à la participation de la Suisse aux septièmes programmes-cadres de l'Union européenne.