Ory Gisèle · Ständerat · 2006-12-20
Ory Gisèle · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-12-20
Wortprotokoll
Je parle pour la minorité David à laquelle je me rallie. La prime de non-ensilage est un élément important de la politique agricole dans le secteur laitier. Cette prime permet à un nombre important d'agriculteurs de notre région de vivre de leur production de lait et de fromage. Si nous comprenons tout à fait que l'agriculture doive se restructurer, nous ne voulons pas non plus que cette restructuration se fasse d'une manière trop abrupte. C'est pourquoi nous pouvons accepter le maintien d'un petit soutien à la production dans ce domaine.
La prime de non-ensilage a l'avantage d'être bien ciblée et d'être entièrement attribuée aux producteurs de lait. Elle peut être versée avec la prime pour le lait transformé en fromage. Le versement conjoint de ces deux primes permet une gestion très efficiente et un minimum d'administration.
La prime de non-ensilage encourage la production de spécialités fromagères indigènes au lait cru intéressantes et originales. Le lait et le fromage sont des produits très bien adaptés à la Suisse et nous pourrons encore en développer l'exportation. Rappelons que sur dix fromages exportés, neuf sont fabriqués à base de lait de "non-ensilage". Ce sont des marchés très prometteurs et que nous pourrons certainement encore développer, mais pour cela il faut encourager les agriculteurs à utiliser ce créneau et leur octroyer un soutien qui rende cette activité attractive. Sans cet encouragement, ils pourraient se tourner vers la production laitière ordinaire et nos exportations diminueraient. Les agriculteurs qui travaillent dans ce secteur le font souvent de manière décentralisée, ce qui a aussi l'avantage de maintenir des emplois dans des zones rurales qui en comportent assez peu.
Le système de la prime de non-ensilage a fait ses preuves et il n'est pas nécessaire d'introduire une nouvelle forme de paiements directs à la surface, comme le préconise la majorité de la commission de notre conseil. Ces paiements à la surface sont une modification de la pratique et sont liés à une diminution du soutien à cette forme de production. Rien ne nous oblige aujourd'hui à adopter un rythme de restructuration si élevé. Nous pouvons nous permettre de laisser perdurer la prime de non-ensilage quelques années encore, ce qui permettra une transition en douceur, ce qui nous permettra aussi de développer des marchés et motivera les agriculteurs concernés à investir dans des structures efficientes.
Je vous propose donc d'adopter la proposition de la minorité David.