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Recordon Luc · Nationalrat · 2007-03-13

Recordon Luc · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2007-03-13

Wortprotokoll

A la suite de ma collègue Genner, je voudrais tenter de vous expliquer pourquoi les Verts considèrent le programme "PA 2011" et, de manière générale, notre politique agricole comme un système extrêmement complexe, mal dominé, nous semble-t-il, à ce stade-là, par le monde politique suisse. En effet, l'agriculture suisse, ce n'est pas une nouveauté, se débat entre des impératifs forts et contradictoires. Il y a d'abord la contrainte inévitable de l'argent, il y a ensuite les objectifs proprement politiques de la souveraineté alimentaire et d'une agriculture qui, conformément à l'article constitutionnel voté par le peuple le 9 juin 1996, a un véritable caractère écologique au plein sens du terme.

La contrainte économique, d'abord, ne saurait être mésestimée. En effet, depuis la guerre, depuis la sainte alliance qui en est résultée, l'agriculture suisse n'a que trop été le chouchou de ce Parlement, et elle a dû redescendre progressivement sur terre et se contenter de moyens comptés un peu plus juste. On ne peut pas dépenser l'argent public n'importe comment dans ce domaine.

Mais, pourtant, il faut des sommes importantes. On ne peut pas se contenter de livrer l'agriculture, comme n'importe quel secteur économique, au jeu des forces du marché. En effet, les deux autres impératifs que nous avons à sauvegarder, celui de la souveraineté alimentaire et celui d'une écologie très marquée et très complète dans le domaine agricole, impliquent passablement d'efforts. Et cela coûte de l'argent, une somme que nous ne pouvons pas faire descendre en dessous de n'importe quel plancher. En matière de souveraineté alimentaire, il est important non seulement que nous soyons capables de continuer à produire des produits dans la durée, mais aussi que nous ne nous mettions pas à importer n'importe quoi, n'importe comment, de n'importe où. Il y a trop, sur nos étals de marchés alimentaires, de produits qui sentent le kérosène. Sur le plan de l'écologie dans sa plus profonde acception, bien entendu, l'agriculture doit sauvegarder non seulement des produits de qualité, non seulement des produits qui viennent du terroir et qui soient proches, mais également des produits qui reflètent notre capacité - j'aurais presque tendance à dire notre génie propre -, et cela aussi a un coût. Ils doivent également être obtenus dans des conditions acceptables, car il ne s'agit pas seulement de sauvegarder la qualité du produit, mais aussi la qualité de l'instrument de travail qui n'est autre en définitive que l'essentiel de notre paysage, l'essentiel de notre milieu environnemental.

Enfin, on l'oublie trop souvent, l'agriculture est faite par des hommes et des femmes; ces personnes doivent être respectées. Or, les conditions de travail, dans l'agriculture également, sont par trop insuffisantes à bien des égards et doivent être garanties, en réalité, idéalement par une convention collective de travail, au stade où nous en sommes - mais probablement devrons-nous nous contenter de vous proposer ici un contrat-type. Au fil des dispositions que nous aurons à examiner, il y aura donc nombre de possibilités de réparer les innombrables sottises de la commission.

C'est à l'aune de cet examen que nous pourrons décider si nous acceptons ou si nous refusons ce projet sur lequel, en tout, pour l'instant, nous entrons en matière.

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