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Vanek Pierre · Nationalrat · 2006-06-14

Vanek Pierre · Nationalrat · Genf · Fraktionslos · 2006-06-14

Wortprotokoll

Je commencerai mon intervention au nom d'"A gauche toute!/Links!" en évoquant d'abord un événement plus important que cette élection complémentaire au Conseil fédéral de ce 14 juin 2006.

Cela fera quinze ans en effet, jour pour jour aujourd'hui, qu'a eu lieu la grève des femmes, à l'occasion de laquelle un demi-million d'entre elles se sont mobilisées pour revendiquer une véritable égalité entre femmes et hommes. C'était déjà un anniversaire, celui des dix ans de l'inscription de ce principe dans la Constitution. En effet, ce principe élémentaire y a été inscrit il y a un quart de siècle seulement, seulement et déjà. Il y a vingt-cinq ans seulement, signe du retard dans ce domaine, d'un pays qui n'a reconnu le droit de vote des femmes qu'en 1971 et qui a mis plus d'un demi-siècle à concrétiser et à introduire une assurance-maternité minimale. Il y a vingt-cinq ans déjà, parce qu'au regard des progrès réels, insuffisants, accomplis dans ce domaine, cette période est bien trop longue.

En effet, les inégalités restent criantes, en matière salariale notamment, puisque les femmes gagnent toujours en moyenne 21 pour cent de moins que les hommes dans ce pays. Ainsi, je n'hésite pas à le dire, ce sont des centaines de millions de francs par an que les patrons suisses volent, littéralement, aux femmes de ce pays. Ceci dans un contexte où depuis des années en Suisse les conditions de vie de la grande majorité des femmes - et des hommes! - se sont dégradées, mais où la flexibilisation et où la précarisation des conditions de travail, les attaques contre les assurances sociales et la remise en cause des services publics ont touché tout particulièrement les femmes.

Ainsi - cela a été évoqué tout à l'heure -, si les femmes sont scandaleusement sous-représentées au Conseil fédéral, elles sont massivement et tout aussi scandaleusement surreprésentées du côté des salariés les plus démunis. Pour ne citer qu'un chiffre tiré de l'enquête suisse sur la structure des salaires 2004 publiée hier par l'OFS, il y a dans ce pays cinq fois plus de femmes que d'hommes qui, travaillant à plein temps, touchent un salaire inférieur à 3000 francs nets.

Mais, on le voit bien dans cette salle, ce 14 juin 2006, ce qui dominera l'actualité médiatique, ce n'est pas la mobilisation sociale contre les inégalités que j'ai évoquée, mais l'élection de la présidente du PDC, Doris Leuthard, au Conseil fédéral. Alors certes, l'accession d'une deuxième femme au Conseil fédéral débouchera sur un état de fait un peu moins scandaleux que la situation actuelle, du point de vue de l'égalité. Elle portera de nouveau la proportion des femmes au gouvernement à 28 pour cent, soit à peu près à celle des femmes élues au Conseil national, qui n'est que la moitié de ce qu'elle devrait être.

Mais "A gauche toute! Links!" ne votera pas pour Madame Leuthard. En effet, le seul enjeu réel de cette élection à parti unique est l'ampleur du plébiscite en faveur de la représentante d'un parti qui est l'un des piliers de la politique gouvernementale de la droite patronale et néolibérale qui gouverne dans ce pays. (Brouhaha) Le PDC participe en effet pleinement à cette politique gouvernementale. La quintessence de cette position "centriste", il l'a résumée de manière pertinente l'été passé dans le titre de son document en faveur de l'extension du travail dominical. Vous vous en souvenez peut-être, c'était: "Souple et libéral en semaine - modéré et social le dimanche!" Aujourd'hui, le PDC milite en faveur de l'adoption des deux "lex Blocher" - contre les étrangers et contre l'asile - que nous combattons et que nous combattrons de toutes nos forces devant le peuple. Il se vante d'avoir contribué de manière décisive à l'aboutissement de ces deux lois xénophobes dont précisément les femmes, immigrées et réfugiées, sont les premières victimes et les premières à supporter les conséquences.

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Pour le surplus, c'est une évidence, mais cela mérite d'être dit: nous n'élirons pas une candidate pronucléaire, membre du Forum Place financière suisse, qui défend le secret bancaire, les cadeaux fiscaux aux riches et le processus de libéralisation/privatisation dans différents domaines vitaux, une candidate qui s'engage en faveur de la flexibilisation du travail et qui s'est toujours opposée aux quotas pour les femmes ....

Enfin, et c'est mon dernier point, nous profitons de cette occasion pour réaffirmer nos critiques contre ce système d'élection d'un gouvernement - système non transparent, basé sur aucun programme explicite de gouvernement - que ce Parlement n'a aucun moyen de censurer une fois élu et qui, au nom des principes prétendument intangibles de collégialité, de concordance et d'un consensus - de façade le plus souvent -, prétend enlever aux citoyennes et aux citoyens de ce pays le droit élémentaire en démocratie à une opposition et à une alternative.

Sur tous ces sujets, nous avons fait encore récemment des propositions par l'entremise de mon collègue Josef Zisyadis.