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Bonhôte Pierre · Ständerat · 2007-06-05

Bonhôte Pierre · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-06-05

Wortprotokoll

Nous consacrons chaque année quelque 40 millions de francs de subventions pour le demi-million de moutons qui prospèrent dans nos prés: c'est probablement trop. Le succès de l'élevage ovin est, on le sait, nuisible pour nos prairies alpines. Par ailleurs, il suscite l'appétit du loup, qui trouve dans nos montagnes un intéressant garde-manger. C'est toutefois l'évolution de notre agriculture qui favorise le développement de l'élevage ovin, puisque le mouton est un animal peu exigeant, qu'affectionnent en particulier les agriculteurs à temps partiel.

Que l'on apprécie ou que l'on n'apprécie pas cette évolution, on ne peut toutefois pas ignorer que ces nombreux troupeaux produisent quelque 1000 tonnes de laine par an, qu'il s'agit là d'une matière première renouvelable de haute qualité et qu'il est absurde d'en faire un déchet, comme c'est déjà le sort de 30 pour cent de la quantité produite environ, selon les chiffres de l'Office fédéral de l'agriculture pour 2003. Les prix insuffisants du marché mondial ne permettent pas une commercialisation rentable de cette laine, dont la qualité est par ailleurs peut-être insuffisante pour en faire des produits à haute valeur ajoutée. Toutefois, une politique agricole axée sur le développement durable exige de valoriser les ressources locales, que ce soit sous forme alimentaire, énergétique ou de matière première. Pour cela, un appui de la Confédération est et reste nécessaire.

L'ordonnance sur la transformation de la laine de mouton du pays ne permet pas de soutenir n'importe quel projet avec les subventions. A l'article 1 alinéa 2, il est prévu ceci: "Les contributions ne sont versées qu'aux organisations qui: .... c. transforment, dans le pays, de manière professionnelle, la laine prise en charge." S'il a donc pu y avoir des cas de mauvaise utilisation de la laine de mouton subventionnée, cela résulterait d'une mauvaise application de l'ordonnance, ce qui ne justifie pas que l'on inflige une punition collective à l'ensemble de la filière de la laine.

Avec les subventions de la Confédération, des projets ont pu se développer, qui sont innovants et qui permettent la valorisation de la laine, notamment sous la forme de panneaux d'isolation, au sein d'une entreprise sociale qui en traite quelque 100 tonnes par an. L'isolation thermique avec de la laine de mouton est un produit intéressant puisque son contenu en énergie grise est inférieur de moitié à celui de la laine de verre. Il est également inférieur à celui de la laine de bois. Et on sait que l'isolation des bâtiments dans notre pays a un grand avenir.

Nous avons déjà réduit de 1,1 million de francs à 600 000 francs le soutien à la valorisation de la laine de mouton. On peut donc estimer que ce domaine a été très fortement amputé et a très largement contribué aux économies faites dans le budget alloué au soutien à l'agriculture. Le modeste appui qui subsiste aujourd'hui a probablement un rapport coût/utilité que l'on peut qualifier d'élevé. Démanteler ce système de subvention, ce serait favoriser un gaspillage écologique et social. Ce serait irrationnel et inacceptable.

C'est la raison pour laquelle je vous invite à suivre la minorité et à maintenir notre décision.