Fattebert Jean · Nationalrat · 2007-09-20
Fattebert Jean · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2007-09-20
Wortprotokoll
Il s'agit de parler de coexistence entre végétaux génétiquement modifiés et cultures exemptes d'OGM. Tels des nuages qui s'amoncellent à l'horizon, les OGM arrivent inexorablement. Les nuages peuvent apporter une pluie rafraîchissante et salvatrice pour des plantes assoiffées; ils peuvent aussi apporter un orage dévastateur. Les sciences se caractérisent par le fait qu'elles peuvent apporter des progrès. Les OGM nous ouvrent des perspectives passionnantes mais aussi réconfortantes.
Ces technologies nouvelles offrent des possibilités de progrès immenses en matière de lutte contre la famine dans le monde - et la famine guette plus de personnes que jamais dans les pays en développement. Voici venir les biocarburants, issus de matières renouvelables, qui n'encombrent pas notre atmosphère de CO2. Du biocarburant à base de maïs permet de rouler sans émissions de CO2. Mais faire le plein d'un gros 4x4 avec du biodiesel à base de maïs revient à consommer ce qu'un humain consomme pendant toute une année. Le slogan "boire ou conduire" pourrait se transformer en "manger ou conduire"! On risque de devoir régler bientôt des problèmes de pillage de l'aliment de base dans certains pays.
Les OGM peuvent résoudre beaucoup de problèmes à tous les stades de l'élaboration des carburants biologiques: augmentation spectaculaire des rendements au niveau des cultures agricoles autant que dans les processus de transformation par des bactéries. Des variétés de maïs ou de betteraves modifiées génétiquement apparaîtront, qui seront spécifiquement sélectionnées pour une production d'éthanol. Ces technologies permettront de mieux utiliser, avec de meilleurs rendements, des déchets de bois ou d'autres végétaux. Pourront-elles sans risque être cultivées à 100 mètres de cultures de maïs ou de betteraves destinés à l'alimentation? Nous devons le savoir, et vite!
On peut aussi envisager des productions agricoles beaucoup plus favorables à la santé humaine: on appelle ça les alicaments. Là aussi, les perspectives sont vastes. Je pense entre autres aux acides gras essentiels tels que les oméga 3. Tous les rêves sont permis!
Contrairement à ce que pensent certains parmi vous, on pourra enrichir le catalogue des variétés végétales. Dans un récent forum de l'économie vaudoise, le PDG de Nestlé, Monsieur Peter Brabeck, a affirmé: "Le principe de précaution est le principal frein au développement." C'est valable pour le monde entier.
Mais telle un médaille qui a un revers, les OGM engendrent aussi certaines craintes quant aux effets secondaires.
Je sais que parmi vous certains craignent que l'appât du profit pousse des chercheurs privés à oublier les dangers. Certains pays ne vont pas s'embarrasser de scrupules éthiques pour devancer tout le monde. Alors, il faut un arbitrage. C'est précisément un des rôles de la recherche publique. L'arbitre ne doit pas avoir un handicap par rapport aux autres joueurs. Dans un match de football, vous n'auriez pas l'idée d'obliger l'arbitre à chausser des souliers militaires et de le contraindre à juger de loin.
Chers collègues écologistes, vous fustigez la recherche privée par simple peur: donnez au moins les moyens à la recherche publique de nous dire où est la limite! C'est cela que nous devons décider aujourd'hui. Il y a quelques siècles, les hommes avaient peur de la nature et mettaient tous leurs espoirs dans les progrès scientifiques pour survivre aux maladies et aux catastrophes. Aujourd'hui, vous redoutez la science, vous attendez de la nature qu'elle assure votre pérennité. Chers amis écologistes, cessez donc d'avoir peur de la science, vous serez peut-être moins nombreux au Parlement, mais vous vivrez beaucoup plus heureux!
Suivez donc toutes et tous la commission qui, par 12 voix contre 5 et 5 abstentions, vous propose d'adopter cette motion. C'est urgent!