Paupe Pierre · Ständerat · 2000-09-28
Paupe Pierre · Ständerat · Jura · Christlichdemokratische Fraktion · 2000-09-28
Wortprotokoll
Je tiens ici à apporter mon soutien à l'interpellation Lombardi, dans la mesure où certaines de ces questions ne s'appliquent pas seulement au Tessin, mais à toutes les régions périphériques du pays. Même si, dans le canton du Jura, on a approuvé les accords bilatéraux comme on a approuvé l'Espace économique européen, j'ai constaté chaque fois, en 1992 et en mai dernier, que les communes ou les secteurs de district directement limitrophes de la frontière sont ceux qui sont le plus réticents à l'intégration européenne, dans la mesure où ils subissent le plus de pression, que ce soit sur le plan des travailleurs frontaliers, sur le plan du commerce, ou même, comme on le constate maintenant, sur le plan de la construction et de l'entretien des bâtiments.
Je salue évidemment la manière dont le Conseil fédéral entend mettre en oeuvre les mesures d'accompagnement des accords bilatéraux, qui devraient infléchir un peu, ou contrecarrer éventuellement quelques excès en la matière. Mais j'aimerais aussi souligner ici, dans le fond, l'attention particulière que j'accorde à la politique régionale. Je salue - évidemment je ne vais pas les rappeler - les mesures qui sont poursuivies, que ce soit l'arrêté Bonny ou autres. Mais il faut relever qu'après un quart de siècle de politique régionale qui tendait à infléchir évidemment les discrépances entre les régions dites du Plateau et les régions périphériques - les Alpes, les Préalpes ou l'Arc jurassien -, l'on n'a pas beaucoup progressé et que les distances sont peut-être aujourd'hui encore plus fortes et les marges plus importantes qu'elles ne l'étaient il y a un quart de siècle. Ceci ne veut pas dire que cette politique a fait faillite, mais qu'elle mérite encore d'être renforcée.
Le Conseil fédéral se propose de le faire: je le remercie des réponses données à l'interpellation Lombardi, mais il faut être conscient du fait qu'il y a encore beaucoup de choses à faire. La loi fédérale sur l'aide aux investissements dans les régions de montagne a déjà favorisé toute une série de projets. Mais on sait, y compris l'arrêté Bonny, que certains souhaiteraient même les abolir. Il faut donc veiller à maintenir cette politique régionale, à la renforcer dans la mesure où la cohésion nationale a tout intérêt à ce que les disproportions économiques ne soient pas trop fortes entre le triangle d'or et les régions périphériques.