Gentil Pierre-Alain · Ständerat · 2007-10-04
Gentil Pierre-Alain · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-10-04
Wortprotokoll
Comme beaucoup d'entre vous, j'ai cosigné cette motion parce qu'elle me semblait présenter deux éléments très intéressants pour la définition de notre future politique ferroviaire. D'abord, cette motion donne un signal utile au Conseil fédéral pour l'engager à renoncer à la théorie qu'il défend depuis quelques mois et qui consiste à dire qu'il faut d'abord achever le tunnel du Saint-Gothard, voir quelle est sa facture globale, avant de se lancer, au vu des fonds disponibles, dans la planification des autres travaux. De mon point de vue, et j'imagine que c'est celui aussi de la plupart des gens qui ont cosigné la motion, il est clair qu'il faut régler ces deux problèmes séparément: il y a la question du financement des dépassements liés aux travaux du Saint-Gothard et il y a la question du cadre financier de la planification future. Il n'est pas sage de vouloir régler ces deux affaires simultanément.
Par ailleurs, et nos collègues bâlois ont introduit la réflexion à ce sujet, Monsieur Pfisterer évoque, dans sa motion, la nécessité de ménager des étapes dans la réalisation future du réseau, ce qui est une idée tout à fait raisonnable et non contestée, à quelques conditions cependant. Pour qu'on puisse la soutenir, et surtout pour qu'on puisse la réaliser dans de bonnes conditions, l'idée d'étape doit être soutenue par les concepts de transparence et de continuité. En clair, si on parle de deuxième ou de troisième étape après la première, il faut que les citoyens, les cantons, les entreprises ferroviaires qui sont placés en deuxième ou en troisième priorité aient une garantie ou un espoir raisonnable que ces deuxième ou troisième priorités seront réalisées. Jurassien, je me permets de rappeler l'exemple fâcheux de la réalisation du réseau autoroutier, où on a dit: "Ecoutez, certaines choses se réaliseront ultérieurement", et puis, dans certaines régions, on les attend encore.
Si on veut introduire la notion d'étapes, et mis à part des catastrophes toujours impossibles à prévoir, il faut se donner les moyens et avoir la capacité de convaincre les régions auxquelles on s'adresse et que l'on place en deuxième ou en troisième priorité. Il faut leur assurer qu'elles verront véritablement la réalisation de ces priorités avant le déluge. Autrement, vous aurez un affrontement très désagréable sur les priorités, qui rappellera au Parlement les heures pas très glorieuses de la discussion à propos du Lötschberg et du Saint-Gothard, mais à une puissance plus élevée et avec une intensité supplémentaire. Ce sont des choses qu'il faut absolument éviter si l'on veut pouvoir discuter d'une manière sereine et efficace du futur de ces infrastructures ferroviaires.
Pour conclure, je souligne les deux idées profondément justes qui devraient conduire notre conseil à adopter cette motion: elle renforce notre effort de convaincre le Conseil fédéral en lui demandant de dissocier les problèmes liés aux dépassements du tunnel du Saint-Gothard et ceux de la planification d'ensemble, comme cela a déjà été dit. Puis - et la responsabilité du Parlement et de ses commissions est engagée sur ce point -, si on prévoit des étapes pour la réalisation de ces travaux importants, il faut que cela soit fait de manière ouverte et transparente, pour que chacun sache que même s'il ne figure pas dans la première étape, il a des chances raisonnables de voir se réaliser dans sa région les travaux qu'il considère comme nécessaires.