Béguelin Michel · Ständerat · 2007-10-04
Béguelin Michel · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-10-04
Wortprotokoll
La réponse du Conseil fédéral est pour le moins contradictoire. D'une part, du côté positif, elle confirme la somme de travail et d'expérience absolument exceptionnelle que représente la réalisation de la NLFA: 250 kilomètres de galeries de 9 mètres de diamètre sous 2000 à 3000 mètres de montagne, c'est réellement extraordinaire. D'autre part, au détour d'une petite phrase, la réponse du Conseil fédéral révèle la vraie raison de la proposition de rejeter ma motion: le manque "de ressources ad hoc sur le plan du personnel et des finances".
Il me semble qu'il y a une part de malentendu dans cette réponse négative. Dans le développement de la motion, je faisais appel à la créativité du Conseil fédéral et j'ai évoqué une série d'instituts universitaires qui ont collaboré ou qui continuent de collaborer à la réalisation. Mon idée n'est donc pas de créer un service supplémentaire au sein du DETEC avec des agents supplémentaires, des locaux supplémentaires et une ligne supplémentaire au budget annuel. Surtout pas! L'idée est de concentrer tous les éléments de la gestion publique du projet, selon un rythme à définir, nécessairement décalé par rapport aux publications officielles actuelles. Cette concentration des informations et des expériences constitue le capital à valoriser. En priorité, c'est donc une question d'accès facilité aux informations, et, dans ce domaine, Internet est un instrument peu coûteux.
Le mandat de valorisation pourrait être confié à un institut universitaire, par exemple aux écoles polytechniques fédérales - celle de Zurich a beaucoup travaillé en matière de géologie, celle de Lausanne en matière de gestion et de simulation de trafic - ou à l'Institut de hautes études en administration publique, en collaboration, entre autres, avec Présence Suisse. Les possibilités sont multiples.
Je rappelle qu'il s'agit en quelque sorte de rechercher un retour sur un investissement public de quelque 20 milliards de francs. Il me semble que l'importance de l'investissement, jointe à l'incontestable réussite de la première partie du projet - le tunnel de base du Lötschberg, troisième plus long tunnel du monde, réalisé dans les délais et avec des coûts parfaitement maîtrisés - devrait permettre une autre valorisation pour notre pays que la publication régulière de quelques milliers de brochures sur papier glacé. Quand je vois, par exemple, comment la France exploite l'image de son réseau TGV, le métro de Paris ou ses infrastructures aéroportuaires pour valoriser son savoir-faire et son image, je me dis que notre pays a encore beaucoup à apprendre pour soigner sa présence dans l'économie globalisée.
Le Conseil fédéral semble vouloir laisser cette responsabilité aux entreprises. Mais celles-ci sont dispersées selon leurs spécialités et elles se moquent de la composante nationale suisse, sauf exceptions bien sûr. En l'occurrence, la modestie voulue du Conseil fédéral est très mal placée, c'est le contraire d'un placement d'avenir.
En conclusion, je vous invite à adopter la motion, ne serait-ce que pour montrer au Conseil fédéral qu'il ne doit pas avoir peur de mettre en valeur les nouvelles transversales alpines. [PAGE 927] Le Conseil fédéral doit montrer aussi qu'il est fier de ce formidable projet suisse.