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Aubert Josiane · Nationalrat · 2007-12-11

Aubert Josiane · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-12-11

Wortprotokoll

C'est avec détermination que le groupe socialiste combat les quatre propositions de la minorité Pfister Theophil. Le message relatif à l'encouragement de la formation, de la recherche et de l'innovation pendant les années 2008-2011, les lois et arrêtés fédéraux y relatifs ont été abondamment discutés au cours de l'année 2007 en commission, puis au plénum dans les deux chambres. Le vote final a été sans équivoque le dernier jour de la dernière session de la législature 2003-2007.

Les quatre positions liées à la recherche que la minorité Pfister Theophil attaque avec des propositions de coupes budgétaires ont fait l'objet de débats fournis ici même le 20 septembre 2007. Nous aurions pu espérer que la nécessité de soutenir fortement la recherche dans tous ses aspects soit enfin reconnue par tous comme une priorité pour l'avenir de ce pays et de sa population. Les défis qui attendent nos chercheurs sont immenses. Le Fonds national suisse pour la recherche scientifique est l'instrument principal dont dispose la Confédération pour encourager la recherche.

Pour le groupe socialiste, après une période de restrictions budgétaires, il est fondamental de mettre enfin le paquet, si vous me passez cette expression. C'est notre responsabilité de prendre les décisions qui maintiendront la Suisse à la pointe de la recherche fondamentale et qui lui permettront de relever ce défi permanent. Je vous rappelle que la dotation moyenne par an et par projet est restée pratiquement inchangée depuis 1995. Cette situation ne peut plus durer. [PAGE 1892] Les précieux instruments que sont les programmes nationaux de recherche et les pôles de recherche nationaux, complémentaires dans leurs approches spécifiques, permettent une meilleure mise en réseau de ce que la Suisse compte parmi les plus brillants scientifiques.

Le groupe socialiste juge complètement irresponsable de continuer à souffler le chaud et le froid sur tout le secteur de la recherche de haut niveau dans notre pays, et ceci à chaque débat budgétaire. C'est une attitude irrespectueuse face aux nombreuses personnes qui se lancent corps et âme dans la recherche, qui représentent la relève et la richesse de notre pays par leur savoir-faire, leur potentiel de découvertes et de réalisations.

Le Fonds national suisse de la recherche scientifique relève dans ce domaine des défis de la plus haute importance: intensifier les synergies entre les différentes équipes de chercheurs; assurer la relève par des conditions intéressantes pour les jeunes chercheurs, ce qui évitera qu'ils partent sous d'autres cieux; accroître la proportion des femmes dans la science; encourager la collaboration des chercheurs au niveau international, mais aussi avec les HES et avec les entreprises, pour permettre le transfert des technologies; intensifier la recherche clinique orientée vers les patients, pour s'assurer que toute la population puisse bénéficier des découvertes réalisées dans nos hautes écoles.

Vous l'aurez compris, le groupe socialiste rejette la proposition de la minorité Pfister Theophil, soit la coupe de 100 millions de francs, et il vous invite à en faire de même.

Les deux coupes budgétaires suivantes paraissent tout aussi inadéquates. L'association stratégique Académies suisses des sciences joue un rôle important d'interface entre le monde académique de la recherche, le monde politique, la société civile. A l'heure où les découvertes scientifiques et les évolutions technologiques posent souvent des questions existentielles de choix de société, d'approche éthique, il est plus que jamais nécessaire de soutenir les activités de ces sociétés scientifiques en prise directe avec les problèmes de la société. Leur rôle d'expert est nécessaire, de même que le travail transversal, pour rendre compréhensibles à la population les découvertes scientifiques complexes et nombreuses réalisées chaque année. L'intégration au cours de l'année 2008 des activités de "Science et Cité" dans le champ d'activité des Académies suisses des sciences assurera une plus grande cohérence dans ce domaine essentiel pour que ne se creuse pas le fossé entre les chercheurs et la société. Là aussi il s'agit de rejeter les deux propositions de la minorité Pfister Theophil.

Pour le dernier point, la suppression de 5 millions de francs, proposée encore et toujours par la même minorité, pour le financement des mesures d'accompagnement liées au programme de l'Agence spatiale européenne (ESA), c'est une autre façon de se tirer une balle dans le pied. Les recherches menées par l'ESA sont importantes pour notre pays à plus d'un titre. Les retombées économiques pour nos entreprises ne sont pas négligeables et les programmes de l'agence sont nécessaires autant dans le domaine en pleine expansion des télécommunications que pour ceux non moins vitaux de l'observation du climat et de l'évolution de l'environnement. La Suisse est membre à part entière de l'ESA. La moindre des choses est que nous nous donnions les moyens de poursuivre notre collaboration aux programmes à venir à part entière aussi.

Au nom du groupe socialiste, je vous invite donc à rejeter les quatre propositions de la minorité Pfister Theophil.