Pelli Fulvio · Nationalrat · 2007-06-11
Pelli Fulvio · Nationalrat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2007-06-11
Wortprotokoll
Est-ce qu'il s'agit vraiment, aux articles 73 et suivants ainsi qu'aux articles qui dépendent de la décision prise aux articles précités, de lutter contre le surendettement de l'agriculture, domaine de l'activité économique qui est en Suisse aujourd'hui de loin le moins endetté? Ou bien s'agit-il de manifester là aussi, comme la majorité l'a fait tout au long des débats sur le paquet agricole 2008-2011, la volonté politique de maintenir l'agriculture suisse dans la liste des activités qui dépendent entièrement de l'Etat?
Pas de risques pour l'agriculture: tous les conservateurs s'allient pour éviter qu'une branche économique puisse se développer comme toutes les autres, à savoir par des décisions entrepreneuriales qui comportent nécessairement des risques. Ce sont d'abord les conservateurs des milieux agricoles, désormais incapables de croire dans les ressources des acteurs de la branche; puis les conservateurs politiques de droite et de gauche bloqués, les uns, par leur lobby, les autres, par leur idéologie étatique; pour finir, même certaines banques, qui préfèrent la protection de l'Etat à la charge de calculer elles-mêmes le potentiel économique et, donc, le rating de leurs clients. C'est une alliance imbattable en faveur de la bureaucratie - c'est ma constatation.
Mais la question prioritaire, mis à part celle du maintien ou non d'un système protectionniste pour régler le problème du crédit agricole, est celle-ci: est-ce que l'agriculture y gagne ou y perd en restant totalement dépendante de l'Office fédéral de l'agriculture et des offices cantonaux de l'agriculture? Ceux qui poussent l'agriculture à se mettre en état de dépendance vis-à-vis de l'Etat sont-ils les vrais amis des milieux agricoles? Ou est-ce que ce sont ceux qui veulent aider l'agriculture à s'affranchir de cette dépendance? Ceux qui, en l'absence d'un désir et d'une volonté politique des agriculteurs de mettre en oeuvre une stratégie qui puisse à moyen terme lui donner un nouvel élan, sont forcés de croire à une augmentation des pressions venant de l'étranger: l'OMC, les accords avec l'Union européenne?
Moi, j'appartiens, je le crois, aux vrais amis des agriculteurs, à savoir à ceux qui croient dans leurs possibilités de se développer et qui espèrent qu'eux-mêmes prendront en main leur destin afin de redevenir les acteurs d'une branche économique, ou que les circonstances les y aident. Si vous croyez aussi dans nos agriculteurs, dans leurs capacités de défendre leurs intérêts, dans leur volonté de se confronter aux difficultés du marché pour gagner leur pari et préparer leur avenir, vous ne pouvez pas voter la proposition de cette majorité conservatrice aux attitudes de tutrice.
Merci de suivre la minorité!