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Ory Gisèle · Ständerat · 2008-03-13

Ory Gisèle · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-03-13

Wortprotokoll

Le projet de loi fédérale sur les musées et les collections de la Confédération qui nous est proposé aujourd'hui est l'aboutissement d'une longue réflexion sur l'organisation des musées de la Confédération. Depuis le précédent projet qui nous avait été présenté en décembre 2005, il a fallu reprendre l'ensemble du dossier, examiner les problèmes à régler et les résoudre - et ceux-ci ne manquaient pas! Les musées de la Confédération ont traversé [PAGE 150] une période difficile du point de vue de l'organisation, des finances et de la gestion. Ils ont dû faire face à des conflits larvés. Il a fallu d'abord assainir cette situation. C'est aujourd'hui chose faite, et l'on ne peut que se réjouir du nouveau dynamisme que l'on sent naître au sein du futur Musée national suisse. Les problèmes à résoudre pour créer la nouvelle entité Musée national suisse n'étaient pas simples.

Le premier problème était de trouver une cohérence entre les différents musées soutenus par la Confédération. Or, il y avait une certaine incohérence due à l'histoire. En effet, les musées ont souvent été créés par des personnes privées et ont ensuite été légués à la Confédération, qui a accepté ces dons parfois prestigieux et qui doit aujourd'hui les gérer comme un ensemble disparate par les sujets, le style, la taille, les départements et les offices concernés. La Confédération gère quinze musées dont seulement huit faisaient partie du groupe Musée Suisse. Elle alloue en outre régulièrement des subventions à huit autres musées. Il ne pouvait donc y avoir de concept muséologique commun. Il a fallu intégrer tout cela dans une stratégie fédérale claire. C'est aujourd'hui aussi partiellement réalisé. Le projet de loi qui nous est présenté met en place une organisation cohérente pour le Musée national suisse et pour les collections historiques de la Confédération.

Le deuxième problème était d'optimiser l'utilisation de l'argent fédéral en définissant des priorités. Ce projet de loi, à mon avis, répond à cette attente.

Le troisième problème était d'assurer une juste répartition des efforts de la Confédération en matière muséologique entre les différentes régions du pays et de corriger le déséquilibre existant au sein du groupe Musée Suisse, déséquilibre qui a été à l'origine de certains conflits. A ce sujet, j'aimerais faire deux remarques. D'abord, si le déséquilibre a été partiellement corrigé, il serait cependant bienvenu qu'à terme un établissement du Musée national suisse soit créé au Tessin. Ensuite, il faudrait qu'une représentation équitable des différentes parties du pays soit assurée au sein du conseil du musée. Ce serait une garantie de l'équilibre et de la représentativité du nouveau Musée national suisse et une manière d'éviter de futurs conflits. Je reviendrai sur cette question tout à l'heure, dans la discussion par article.

J'aimerais encore faire une remarque. Le projet de loi qui nous est soumis fixe des priorités très claires. Il se limite aux collections historiques actuellement en la possession de la Confédération. Nous sommes cependant encore très loin de couvrir tout le champ des collections d'importance nationale qui existent dans notre pays.

La Suisse est en effet riche de nombreuses collections, dont certaines peuvent être considérées comme d'importance nationale par leur qualité ou leur rareté. Ce sont des collections scientifiques, culturelles, thématiques, mais qui sont aussi des témoins de notre passé et qui font partie de notre patrimoine national. Ces collections se trouvent aujourd'hui en la possession de musées cantonaux, communaux ou privés, qui n'ont pas toujours les moyens financiers de les entretenir et de les développer.

La Confédération doit se pencher sur cette question et participer, éventuellement, selon les besoins, à l'entretien de ces collections, voire à leur sauvetage. Nous aurons l'occasion d'approfondir cette réflexion dans le cadre de l'examen du projet de loi sur l'encouragement de la culture; le champ à défricher est encore vaste.

J'apprécie particulièrement l'idée de favoriser le travail en réseau: les compétences de chaque musée peuvent se compléter de manière efficace et cela peut rendre leur travail plus dynamique et plus visible. Le fait que le Musée national doive fonctionner comme un centre de compétences me paraît aussi judicieux.

Je pense aussi qu'il est intéressant de créer un établissement de droit public pour le Musée national suisse, et de lui donner une certaine autonomie et une certaine responsabilité financière. Il y aura ainsi plus de marge de manoeuvre, on pourra décider plus rapidement et faire preuve de plus de flexibilité. Ce sont des avantages intéressants pour des institutions à qui on demande d'améliorer leur rentabilité et d'aller à la rencontre du public.

Les musées doivent rester constamment ouverts au changement et innovateurs. Ils sont en concurrence constante avec d'autres offres de loisir et de formation. Ils doivent pouvoir répondre rapidement aux sollicitations et aux occasions qui se présentent de créer des expositions ou des événements. Ils ont aussi un devoir de formation et de participation à la formation.

Le Musée national renforcera la visibilité et l'attractivité de ses diverses entités. Il sera un élément de l'identité de la Suisse, un lien culturel entre les Suisses et les Suissesses des différentes régions du pays. J'attends aussi de lui un regard novateur et critique sur notre passé, sur nos diverses cultures et sur notre avenir commun.

Je vous propose d'entrer en matière sur ce projet de nouvelle loi.