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Rossini Stéphane · Nationalrat · 2008-05-26

Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-05-26

Wortprotokoll

Si nous partageons les grands axes énoncés par le Conseil fédéral dans son rapport, en approfondissant certains chapitres, des questions émergent que nous souhaitons inscrire dans la discussion politique que nous tenons maintenant. En effet, après l'étude des rapports, mais surtout après les auditions des membres du Conseil fédéral, j'aimerais reprendre quelques éléments qui ont préoccupé le groupe socialiste.

Le premier point concerne la formation et la recherche, plus particulièrement dans le domaine des écoles polytechniques fédérales. Il y a une évolution qui nous paraît importante, une évolution qui se dessine et dont nous souhaiterions qu'elle ne soit pas sous-estimée, à savoir l'"abandon" de certaines disciplines des métiers de l'ingénieur au profit d'autres disciplines plus "porteuses d'avenir". Nous aimerions ici tirer la sonnette d'alarme puisqu'il semble que dans certaines disciplines, notamment le génie civil, il pourrait y avoir dans quelques années pénurie par manque de formation de jeunes dans ce domaine. Or, dans un pays qui devra investir plusieurs centaines de milliards de francs dans la construction et la rénovation d'ouvrages, il nous paraît important qu'on puisse former et produire ces ingénieurs.

Le deuxième domaine qui retient notre attention, c'est celui de la formation, mais plus particulièrement de la formation continue. Le Conseil fédéral, dans son rapport, fait un certain nombre de constats, il fixe des objectifs et il considère que ces objectifs sont atteints. Nous pensons qu'effectivement le nouvel article constitutionnel qui a été adopté permet de faire un pas important dans le domaine de la formation continue, mais il semble, de notre point de vue, que l'on néglige quelque peu aujourd'hui certaines catégories professionnelles, certaines catégories de population, plus particulièrement les personnes à bas niveau de formation et comportant le plus grand risque d'exclusion. Par conséquent, si les objectifs sont atteints, ils nous paraissent atteints d'abord pour une élite. Il nous paraît tout aussi important de devoir mettre l'accent maintenant sur d'autres catégories de population. La formation continue devra se donner les moyens et être soutenue politiquement pour aller beaucoup plus loin que ce qui constitue un retour sur investissement direct et immédiat pour les employeurs.

Le troisième point concerne le domaine des assurances sociales, et plus particulièrement l'introduction de la 5e révision de l'assurance-invalidité. Le Conseil fédéral fait preuve de satisfaction dans la mise en oeuvre de cette 5e révision. Nous souhaiterions, quant à nous, exprimer quelques craintes quant au climat qui marque de son empreinte l'application de la loi sur l'assurance-invalidité, pas seulement la 5e révision qui n'en est qu'à ses premiers pas, mais l'ensemble de la pratique de l'assurance-invalidité. Effectivement, la pression sur les assurés et bénéficiaires est très forte, tout comme elle l'est sur les médecins, par exemple. A découvrir certaines expériences et procédures vécues par des citoyennes et citoyens de ce pays, on peut se demander si celles et ceux qui appliquent l'assurance-invalidité ne sont pas plutôt dans une logique d'exclusion plutôt que dans une logique d'intégration qui devrait pourtant être la leur.

Enfin, dernier point, c'est celui des différents programmes d'économies. Nous pensons qu'aujourd'hui il est temps de faire un pas supplémentaire pour procéder à des analyses qualitatives sur les effets de ces programmes d'économies. Je crois qu'on est resté jusqu'à présent dans une approche quantitative, dans la pensée comptable. Il nous paraîtrait intéressant que le Conseil fédéral aille plus loin et que l'année prochaine, il livre à la Commission de gestion des éléments d'analyse sur les conséquences qualitatives de ces programmes.