Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2008-06-11
Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2008-06-11
Wortprotokoll
Je reviens à la tribune, par le hasard de l'agenda, défendre une cause dont je sais depuis hier qu'elle est certainement perdue, à savoir cette fameuse question du 0,7 pour cent du revenu national brut que la Suisse devrait consacrer à l'aide publique au développement et que nous avons traitée hier avec des décisions que les Verts jugent malheureuses.
Rassurez-vous, je serai brève. Hier notre conseil a donc décidé de maintenir l'aide publique au développement au chiffre de 0,4 pour cent. Les Verts considèrent qu'il est absolument regrettable que la Suisse, dont la tradition humanitaire est reconnue partout dans le monde, soit aussi modeste en termes de solidarité avec les pays en développement. Nous ne sommes en effet classés qu'au douzième rang avec ce 0,4 pour cent parmi les pays européens. La Suède, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Danemark et l'Irlande dépassent d'ores et déjà largement les 0,7 pour cent du revenu national brut fixé comme objectif par l'ONU. Et des pays ayant un niveau de vie moins élevé que le nôtre, comme la Belgique ou l'Irlande, sont plus généreux que nous.
Bien sûr, me direz-vous, nous avons jusqu'à 2015 pour nous adapter, conformément aux Objectifs du Millénaire pour le développement. Mais pourquoi attendre? Pensez-vous vraiment que les pays en développement n'aient besoin d'un soutien digne de ce nom que dans sept ans? Certains éprouvent peut-être des scrupules à délier le cordon de la bourse avec pour seul argument la solidarité avec des pays étrangers. Qu'ils considèrent le fait que chaque franc investi dans l'aide publique au développement engendre une augmentation de 1,80 franc de notre PNB, et que la coopération au développement génère une demande de biens et services assurant 18 000 emplois en Suisse.
Aujourd'hui, l'aide publique au développement est en outre axée sur la création de conditions-cadres permettant le développement d'un tissu économique viable sur place, prévenant ainsi des mouvements migratoires que d'aucuns ici jugent excessifs. Il ne s'agit pas d'assistance, mais d'un tremplin vers l'indépendance.
Les Verts soutiennent cette orientation, comme ils l'ont démontré en votant la proposition Hiltpold lors de la commission spéciale "08.007 Programme de la législature 2007-2011". Cette proposition demande de compléter l'objectif 16 "réduire la pauvreté" par les mots "grâce à une politique d'aide à l'autonomie efficace et cohérente". L'aide publique au développement est un investissement pour une meilleure stabilité internationale, et non une dépense à fonds perdus.
Je vous demande dès lors - même si c'est sans grand espoir vu les votes intervenus hier - de soutenir ma proposition de minorité à la mesure 71bis: "consacrer 0,7 pour cent du produit national brut à l'aide publique au développement, conformément aux objectifs de la Déclaration du Millénaire". Ce montant doit être atteint au plus tard en 2015, le cas échéant par paliers. Il en va de notre responsabilité de pays riche, ouvert et solidaire.