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Langenberger Christiane · Ständerat · 2007-03-08

Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2007-03-08

Wortprotokoll

La réalisation de l'étape de développement 2008-2011 de l'armée se trouve dans la même situation que celle d'un équilibriste tâtonnant pour ne [PAGE 79] pas perdre pied. Alors que notre commission jugeait l'analyse du Conseil fédéral judicieuse, compte tenu de l'évolution de la menace, la gauche et la droite du Conseil national, réunies une fois de plus dans une alliance contre nature et appuyées par les nostalgiques d'une armée classique, ont fait capoter ce qui représentait déjà un compromis.

Certes, certaines définitions nécessitaient d'être précisées. Certes, des aménagements concernant le corps d'instructeurs étaient indispensables. Certes, nous devions nous entendre sur le rôle futur de notre armée à l'étranger. Mais cela justifiait-il une telle condamnation du projet? Nous avons repris scrupuleusement toutes les critiques méritant un éclaircissement afin d'être en mesure de réunir une majorité au Conseil national sur un projet quelque peu adapté.

L'exercice n'a pas été tout à fait inutile puisque nous avons pu nous persuader une nouvelle fois du bien-fondé des propositions du Conseil fédéral. Afin d'obtenir une majorité, il suffisait d'apporter des corrections plus ou moins petites au projet initial. Nous avons franchi ce pas avec le sentiment d'aller dans la mauvaise direction, voire de reculer d'un pas, vu que cette évolution est indispensable et que les armées voisines se sont déjà adaptées. Or, j'apprends peu après notre séance, qu'une certaine droite refuse d'emblée notre proposition de sauvetage.

Je me sens ainsi prise au piège: j'ai obtempéré à une espèce de marchandage et maintenant je ne peux plus reculer, au risque de me faire complice de l'échec de cette réforme.

Je rappelle ce que tout le monde sait, à savoir que le terrorisme constitue la menace qui a le plus évolué durant ces dernières années. L'armée doit veiller à adapter les mesures de sécurité, afin que notre pays ne devienne pas une cible relativement facile en comparaison avec les pays voisins.

La montée en puissance de la menace traditionnelle, qui ne peut être exclue à moyen ou long terme, nous laisse le temps de nous concentrer sur la planification stratégique et militaire, alors que nos voisins de l'Union européenne sont eux-mêmes liés par un acte de paix. De plus, l'OTAN et l'Union européenne orientent leurs efforts vers la mise sur pied de forces d'intervention rapides, pouvant être engagées en quelques jours dans le monde entier pour gérer tout l'éventail des crises, à savoir des missions humanitaires aux engagements de combat, en passant par les évacuations. C'est dire aussi que je regrette vivement que nous ne puissions en faire plus, surtout dans le domaine de la promotion de la paix à l'étranger au moyen de l'armée. Celle-ci a également pour mission de venir en aide à la population en cas de catastrophes dont le nombre a tendance à augmenter, comme on l'a constaté ces dernières années.

Conformément à cette analyse des risques et des menaces, le Conseil fédéral nous propose un recentrage du choix des armes lourdes en faveur de l'infanterie et une réorganisation des structures de conduite à l'échelon de l'armée et des brigades qui favorise la flexibilité. Cela s'avère d'autant plus crédible que le matériel nécessaire en réserve nous laisse une marge de manoeuvre.

Le département compétent a fait une analyse fouillée des propositions de Monsieur Paul Müller, ce qui nous a permis de rejeter les différentes variantes comme étant inopportunes, coûteuses et irréalisables. Mais ce rapport a suffisamment marqué les esprits pour que l'on retienne l'idée de maintenir deux bataillons de chars en plus par rapport au nombre prévu dans le message.

Cela coûtera plus cher et ne permettra pas de résoudre les problèmes du personnel professionnel; cela n'incitera pas non plus à faire les économies nécessaires, notamment en matière d'armement.

J'ose espérer que les nombreux éclaircissements apportés par le Conseil fédéral, ainsi que le débat mené dans notre conseil, convaincront le Conseil national de revenir à de meilleures dispositions. Il y a urgence, et il serait irresponsable de remettre à plus tard ce que le Parlement, dans sa composition actuelle, doit résoudre.