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Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-09-17

Wortprotokoll

Au-delà de l'estimation des coûts finals prévisionnels et de l'évolution de ces quelque 20 milliards de francs investis dans la NLFA, au-delà aussi des adaptations nécessaires - adaptations techniques [PAGE 1134] notamment - pour que ces investissements soient à jour et performants lors de l'ouverture de l'exploitation des tunnels, la NLFA est d'abord un véritable instrument de service public, en faveur de la population et de l'économie suisses. L'ouverture du tunnel de base du Lötschberg, par ses effets impressionnants et indéniables, le prouve sans aucune ambiguïté.

S'agissant des coûts, au coeur du rapport sur la haute surveillance, il est parfaitement normal de dire que, certes, des projets d'une telle envergure comportent des risques technologiques et financiers évidents. Personne ne le nie. Rigueur et compétence s'imposent donc pour les maîtriser, ce qui est en principe le cas, il faut l'avouer et le dire aussi. Par contre, en regard de ces risques, une autre exigence est de mise: la confiance, sans quoi le doute permanent s'installe, voire le démontage facile.

Ainsi, par exemple, le système ETCS de régulation du trafic ferroviaire installé dans le tunnel de base du Lötschberg a-t-il été non seulement décrié, mais franchement reconsidéré dans ce conseil, ou au sein de la Commission de gestion. Or, à l'emploi, on constate que ce recours aux technologies apporte des résultats excellents. Ce système qui, pour certains, allait produire des catastrophes, fonctionne parfaitement et donne pleinement satisfaction. L'alarmisme ne servait donc que les auteurs de telles mises en doute.

Quand bien même le décompte final du tunnel du Lötschberg sera présenté en 2009, son succès et l'évolution des transports routiers démontrent la pertinence de ne pas enterrer la discussion sur la fin de l'ouvrage, à savoir l'équipement du deuxième tube et son ouverture vers le Bas-Valais. C'est un enjeu majeur pour la cohérence du réseau et pour les régions concernées.

Quant au tunnel du Saint-Gothard, la rigueur financière ne devra en rien affaiblir la qualité du travail et du projet dans son ensemble. Lorsqu'un investissement rapporte, les fausses économies sont à éviter, tout comme le catastrophisme mal à propos.

Le rapport sur la haute surveillance sur la construction de la NLFA en 2007 est donc l'occasion aujourd'hui de réaffirmer avec conviction que la mise en service du tunnel ferroviaire de base du Lötschberg est un succès pour la population - suisse et étrangère! -, pour les différentes régions du pays et pour notre économie. Après quelques "petits" mois d'exploitation seulement, le trafic voyageurs a atteint les limites de ses capacités aux heures de pointe et durant les week-ends, comme le décrit bien le rapport. Contre toute attente, la rapidité de cette évolution rend compte du succès de cette réalisation.

Economiquement et, plus précisément, d'un point de vue touristique pour le canton du Valais, le tunnel du Lötschberg est un véritable succès par l'ouverture qu'il ménage vers la Suisse alémanique et le nord des Alpes en général. Mais c'est aussi une ouverture pour le canton de Berne et ses stations alpines qui se sont fortement rapprochées du sud des Alpes et de sa clientèle potentielle. En Valais, l'apport économique pour le tourisme est indiscutable: certains week-ends, jusqu'à 22 trains supplémentaires ont été mis en service. Au cours du premier trimestre d'exploitation, on a enregistré en direction du Valais une augmentation de 30 pour cent du nombre de voyageurs.

Du point de vue de la politique des transports, c'est donc une nouvelle ère qui démarre. La question de la surveillance et celle du suivi des finances peuvent être dépassées pour que l'on se concentre maintenant sur des éléments essentiels, à savoir le développement et la finalisation d'une véritable politique de transfert du transport marchandises de la route au rail résolument volontariste et dynamique. Cet axe est enfin un instrument de solidarité internationale et de cohésion nationale, ce qui est certainement moins spectaculaire, mais d'une grande importance pour notre pays - il faut aussi le dire dans ce débat, car cela a à voir avec la finalité de ce projet.

Dès lors, les difficultés rencontrées dans la réalisation du tunnel ferroviaire de base du Saint-Gothard et leurs conséquences financières ne doivent pas nous faire oublier ce qui sera indéniablement, dans quelques années, aussi un succès.