Lexipedia

Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2008-09-24

Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-09-24

Wortprotokoll

Je constate que depuis un certain temps le débat sur la réduction du temps de travail a été pratiquement enterré. J'en veux pour preuve que dans ce domaine la dernière grande réforme remonte à 1988, avec l'introduction de la semaine de 40 heures dans l'horlogerie et la métallurgie. Ce débat est tellement enterré qu'aujourd'hui certains à droite et dans les milieux économiques relèvent ou essaient de relever le temps de travail. On connaît à ce propos le fameux slogan de Nicolas Sarkozy, "Travailler plus pour gagner plus", alors que son dispositif sur les heures supplémentaires est une véritable catastrophe! On augmente le temps de travail dans un certain nombre d'entreprises étrangères, mais aussi dans notre pays, où une partie du personnel de la Migros est passée de 41 à 43 heures par semaine. On a voulu faire la même chose chez Lonza, mais dans ce cas on a échoué, grâce à la résistance syndicale et à la résistance des travailleurs.

Je m'étonne que de tels projets reviennent sur le tapis aujourd'hui, puisque dans l'histoire l'un des premiers à relever la durée du travail n'a été autre que le maréchal Pétain! Alors, dans ces circonstances, pourquoi demander une réduction du temps de travail, sous la forme d'une semaine de quatre jours? J'aimerais tout d'abord souligner que pour moi la croissance économique est le moteur de la création de nouveaux emplois. Il n'en reste pas moins qu'à croissance égale une réduction du temps de travail permet de générer des emplois supplémentaires, comme l'ont montré différentes expériences, par exemple la semaine de 28 heures chez Volkswagen, ou la semaine de 35 heures en France, qui malgré quelques défauts a tout de même permis de générer quelque 300 000 emplois.

J'ajoute qu'à nombre d'heures égal, l'effet d'une semaine de quatre jours sur l'emploi est nettement plus important qu'une réduction linéaire de la durée du travail, comme on a pu le constater au moyen de plusieurs expériences menées en France, notamment dans l'agroalimentaire. Et puis en matière de durée du travail, la Suisse est à la traîne de l'Europe: tous secteurs économiques confondus, les Suisses travaillent encore plus de 42 heures par semaine, soit 2 heures de plus que la moyenne des Européens. C'est dire que dans ce domaine un effort de rattrapage s'impose.

J'ajoute, et cela est fondamental du point de vue du partenariat social, que mon initiative parlementaire est conçue comme une sorte de "loi-balai", en ce sens que pour parvenir à la réduction du temps de travail proposée, la priorité est donnée à la négociation conventionnelle, les normes législatives n'intervenant qu'à titre subsidiaire, et ceci dès 2015.

Enfin, comme vous l'aurez constaté, en affectant la moitié de la réduction du temps de travail au temps libre et l'autre moitié à la formation continue, je souhaite démontrer que les travailleuses et les travailleurs ne veulent pas seulement travailler moins pour se détendre et se reposer, mais aussi pour s'adapter à des mutations technologiques toujours plus rapides, adaptation qui sera non seulement dans l'intérêt des salariés mais aussi dans celui des entreprises.

Pour toutes ces raisons, je vous demande de donner suite à mon initiative parlementaire.