Chevrier Maurice · Nationalrat · Wallis · Fraktion CVP/EVP/glp · 2008-12-09
Wortprotokoll
A ce stade il convient, en tant que parlementaires, de poser un acte d'humilité, en admettant que nous avons mal évalué la portée de certaines dispositions que nous avons adoptées dans cette enceinte. Théoriquement, intellectuellement, il était juste et correct de distinguer le coût de l'énergie de celui du transport. Par contre, nous avons mal toisé, nous avons sous-estimé la capacité de la branche à retomber sur ses pattes, à maintenir ce qu'elle considère comme des acquis financiers. Sachant qu'elle gagnerait moins sur l'énergie elle-même, puisque acquise sur un marché ouvert, concurrentiel, cette branche a tenté de compenser par le transport, la distribution, activités où elle conserve un quasi-monopole. Logique, tellement logique, tellement humain! Mais elle a exagéré, elle a trop [PAGE 1780] appuyé sur le crayon, provoquant l'ire des entreprises, le tollé de la population, et la preste réaction du politique.
Sous l'impulsion du Parlement, le Conseil fédéral joue les Lucky Luke en modifiant une ordonnance avant même son entrée en vigueur. Cette décision, que nous saluons bien évidemment, équivaut à la pose de garde-fous provisoires, qui devraient réduire de moitié les hausses de tarifs annoncées. Nous souhaitons maintenant que chaque acteur agisse avec célérité, pour dissiper au plus vite la grande nébuleuse ambiante et pour redonner confiance à l'économie et aux consommateurs.
Nous profitons également de cette tribune pour, une nouvelle fois, lancer un appel aux collectivités propriétaires des entreprises, un appel à la sagesse et un appel au sens des responsabilités. Qu'elles ne jouent pas les pyromanes pompiers: le sinistre pourrait les dépasser. Plus fondamentalement, l'acceptation des postulats nous permettra de revoir notre copie sans le couteau sous la gorge et, le cas échéant, de remédier aux défauts constatés. Mais gare au populisme à bon marché consistant à lier les turbulences actuelles à la seule ouverture du marché; gare à l'incohérence et à la lâcheté consistant à voter d'un côté le soutien aux énergies renouvelables et de l'autre à s'émouvoir des tendances haussières. Le défi de l'approvisionnement en électricité mérite mieux que des élucubrations à but strictement électoral. Sans bon sens, sans sérénité, sans consensus, eh bien nous ne relèverons pas ce défi.